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Energie solaire en Tunisie : les textes et l’expertise existent, mais la mise en œuvre est bizarrement obstruée

Tunis Universnews. Une grande partie du monde semble maintenant engagée sur la voie de l’énergie solaire. La technologie photovoltaïque (PV) représentait environ les trois quarts de toutes les nouvelles capacités renouvelables en 2026, dépassant largement la croissance des marchés de l’énergie éolienne et de l’énergie hydraulique. Cette accélération de l’adoption de l’énergie solaire en Tunisie permet de maintenir de développer les énergies renouvelables d’ici la fin de la décennie. L’investissement dans l’énergie solaire semble opportun et logique, en particulier en tenant compte des avancées technologiques  qui promettent de faire entrer le concept dans une nouvelle phase passionnante..Le secteur solaire regorge d’innovations et de promesses. La technologie photovoltaïque a poursuivi son évolution en Tunisie, avec de nouveaux moyens d’améliorer les performances et d’en tirer une plus grande valeur commerciale. Le plan solaire tunisien (PST) est un plan ambitieux qui vise à l’horizon de 2030, 40% d’économie d’énergie et 40%, avec une production de 4.700 mégawatts (MW) d’énergie propre.  Pour réaliser ces objectifs, ce plan  se compose de 40 projets pour un coût estimé à 4 milliards de dinars (dont 70% seront réalisés par le secteur privé), et ayant trait à l’énergie solaire, l’énergie éolienne, l’efficacité énergétique et à l‘interconnexion électrique.

La Tunisie ambitionne de devenir, un hub, une plate forme technologique développée et amie de l’environnement. Ce plan qu’elle a mis en place permettra, outre la consolidation de la coopération bilatérale et multilatérale dans les domaines de la recherche scientifique, l’innovation technologique, l’industrialisation, la formation, le développement des ressources humaines, la production et l’exploitation. D’où l’importance du projet. Malgré les énormes progrès réalisés dans l’industrie depuis 2016, l’énergie solaire n’a pas encore porté un coup décisif dans la lutte contre le changement climatique. En 90 minutes, la lumière du soleil qui atteint la terre est suffisante pour répondre aux besoins énergétiques de notre pays pendant un an. L’énergie solaire est abondante, mais elle ne représente qu’une fraction du mélange énergétique actuel mondial, selon l’Agence internationale de l’énergie. Dans la mesure où seule une infime partie des rayons du soleil est captée, une grande partie du potentiel solaire est gaspillée chaque minute de chaque jour.

Il est tristement ironique de constater que les pays les plus ensoleillés sont souvent ceux où la capacité solaire installée est la plus faible et comme le précise le président de la Chambre de commerce et d’industrie tuniso-japonaise et du Conseil commun des chambres de commerce, Nacef Belkhiria, le taux de réalisation de ce plan ne dépasse pas 9 %, appelant à analyser les causes de ce retard et à revoir les mécanismes de mise en œuvre des projets. Belkhiria a expliqué que le problème ne réside ni dans le manque d’études ni dans l’absence de ressources, mais plutôt dans la lenteur de l’exécution des projets, les difficultés liées au foncier, la complexité des procédures administratives, ainsi que la capacité limitée du réseau de transport d’électricité à absorber la nouvelle production issue des énergies renouvelables. 

Il appelle  à accélérer la réalisation de centrales de production d’électricité renouvelable à proximité des villes et des zones industrielles, afin de réduire les coûts de transport de l’énergie et d’alléger la pression sur le réseau de la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG) tout en  soulignant que la priorité devait être accordée aux grands projets d’une capacité comprise entre 100 et 500 MW, estimant que seuls ces projets sont en mesure d’avoir un impact significatif sur la production nationale. Belkhiria a également indiqué que le projet ELMED, visant l’interconnexion électrique entre la Tunisie et l’Italie, représente une opportunité stratégique pour exporter de l’électricité propre vers l’Europe précisant   que la production actuelle d’énergies renouvelables demeure insuffisante pour exploiter pleinement cette opportunité.

                                   Mohamed Salim

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