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Football & Liberation : La fresque monumentale du public espérantiste qui a ému l’Afrique.

Universnews – Le stade de Radès n’était pas seulement le théâtre d’un choc sportif entre l’Espérance de Tunis et Al Ahly du Caire -Clacico du continent africain-, il est devenu le sanctuaire d’une mémoire collective africaine et arabe vibrant sous une chorégraphie monumentale.

Sous l’intitulé brave et percutant « Football & Liberation », le virage sud a déployé une fresque magistrale rappelant que le ballon rond fut, au fil des décennies, un véritable levier de décolonisation et de dignité humaine.

Cette narration visuelle s’articule autour de figures tutélaires comme Patrice Lumumba, architecte de l’indépendance congolaise ayant utilisé le football comme ciment national, ou encore Rachid Mekhloufi, l’icône algérienne qui déserta les rangs de l’équipe de France pour porter les espoirs du FLN.

Au cœur de ce panthéon, l’hommage à l’adversaire du soir à travers le geste courageux de Mohamed Aboutrika pour Gaza souligne une solidarité qui transcende les rivalités de club, un détail frappant venant parfaire cette image : le chiffre 74 inscrit sur son short, rappel douloureux et fraternel du nombre de supporters d’Al Ahly disparus lors du drame de Port-Saïd.

Pour la Tunisie, le public « Sang et or » a choisi le portrait de feu Chedly Zouiten pour rappelle que l’Espérance elle-même et ses figures de proue, fut un bastion de la résistance tunisienne sous le protectorat français.

En incluant le sourire éternel de Nelson Mandela, artisan de la paix par le sport, le public a transformé les gradins en un manuel d’histoire à ciel ouvert où les drapeaux de la Palestine et du Soudan flottaient comme des rappels de luttes inachevées.

​Cette immersion historique a pris une dimension quasi mystique grâce à une ambiance sonore assourdissante, où les chants de gloire habituels ont laissé place à des hymnes de libération entonnés par des milliers de voix à l’unisson, créant une tension dramatique qui semblait faire vibrer le béton même du stade et figer le temps avant le coup d’envoi.

Cet impact ne s’est pas arrêté aux frontières de Tunis, puisque les images de ce tifo ont immédiatement enflammé les réseaux sociaux et les médias sportifs internationaux, de la presse africaine aux journaux européens, tous saluant la maturité politique et la finesse artistique d’un public capable de transformer un match de football en une leçon de géopolitique universelle.

KS

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