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Lutte contre le stress hydrique en Tunisie : La recharge artificielle des nappes phréatiques, est-ce la solution ?

Les nappes phréatiques semblent condamnées à se vider, tant la demande en eau dépasse leur capacité de renouvellement. Elles subissent une pression croissante en Tunisie. Dans de nombreuses régions, la quantité d’eau pompée dépasse désormais ce que les pluies parviennent à restituer au sol. Ce déséquilibre entraîne des conséquences concrètes. Des puits s’assèchent, des coûts de pompage explosent, et les terres s’affaissent progressivement dans certaines zones. Pourtant, des dizaines de territoires ont réussi à inverser cette tendance. Face au changement climatique et à la pression sur les ressources, la recharge artificielle apparaît comme un outil intéressant. Elle permet de stocker l’eau excédentaire, de valoriser des ressources non conventionnelles, de limiter la surexploitation ou la salinisation dans les régions littorales.

Réinjecter de l’eau dans le sol pour sauver les nappes

C’est une idée ancienne remise au goût du jour dans les régions arides et semi-arides. Plusieurs objectifs peuvent être ciblés grâce à la mise en œuvre de techniques de recharge artificielle des nappes phréatiques. Pour commencer, il y a la régénération d’aquifères épuisés par une exploitation excessive, où la baisse de niveau devient problématique. C’est le but principal de cette solution. On peut aussi chercher à obtenir une amélioration de la qualité de l’eau souterraine : réduction de la présence de certains composés chimiques tels que les nitrates et les pesticides. Cela peut se faire par dilution par exemple. Autre objectif moins connu : celui de la sauvegarde des aquifères côtiers contre la pénétration d’eau salée. En effet, lorsque les nappes côtières sont surexploitées, le niveau de l’eau douce diminue, ce qui réduit la pression qui s’oppose à l’eau salée provenant de la mer. En l’absence de pression suffisante, l’eau salée peut s’infiltrer dans l’aquifère, un phénomène connu sous le nom d’intrusion saline.

L’expérience tunisienne

La recharge des nappes phréatiques par des eaux usées traitées est une pratique éprouvée à l’échelle mondiale, mise en œuvre avec succès dans des pays tels que l’Australie, les Etats-Unis (Californie), l’Espagne, la France, et d’autres. Cette démarche est cruciale pour maintenir l’équilibre des ressources en eau souterraine. Une étude menée en Tunisie montre que cette technique peut stabiliser localement les ressources souterraines, notamment grâce à l’utilisation d’eaux usées traitées. Mais son efficacité reste limitée face à des prélèvements souvent excessifs et soulève des questions sur la qualité de l’eau. Un outil utile, mais loin d’être une solution miracle face à la crise hydrique. Une expérience a été tentée à Korba et Kairouan. Son objectif est de suivre le devenir de l’eau infiltrée et mesurer son impact sur les ressources souterraines. Oui, la recharge artificielle fonctionne. Elle permet de réalimenter les aquifères et de stabiliser localement les niveaux d’eau, dans un pays où les ressources sont particulièrement limitées. Mais son impact reste modeste concernant la qualité de l’eau. Une fois infiltrée, l’eau traverse les sols, interagit avec les roches, se mélange aux eaux souterraines. Ce processus peut améliorer… ou dégrader sa qualité. Les chercheurs ont ainsi détecté des traces de contaminants dits « émergents » : résidus de médicaments, produits domestiques, composés industriels. Invisibles, mais révélateurs.

L’IA améliore l’efficacité, la précision et la durabilité du processus de recharge artificielle

L’IA peut contribuer à la recharge artificielle des nappes phréatiques en analysant les données hydrologiques, en prévoyant les besoins en eau, en identifiant les sites de recharge optimaux, en surveillant en temps réel les conditions de recharge, en prévenant les infiltrations indésirables, et en modélisant les flux d’eau souterraine. Grâce à ces capacités, l’IA améliore l’efficacité, la précision et la durabilité du processus de recharge artificielle, répondant ainsi aux besoins croissants en eau tout en préservant la santé des nappes phréatiques. Afin de maîtriser pleinement les applications de l’Intelligence Artificielle, en général, et celles relative au secteur de l’eau, en particulier, la Tunisie devra assurer la formation de ressources humaines hautement qualifiées dans ce domaine. Plusieurs établissements universitaires et instituts de recherche forment actuellement une nouvelle génération d’experts en Data Science et Data Analysis, leur conférant une maîtrise approfondie des technologies de l’IA. De plus, ces formations façonnent des futurs gestionnaires et entrepreneurs qui, armés de leur compréhension de l’IA, sont aptes à piloter des projets hydrauliques

                                                          Mohamed Salim

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