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Pénurie de rendez-vous et revente en ligne : le nouveau business des visas !

UniversNews – La rareté des rendez-vous pour le dépôt des demandes de visa, notamment Schengen, favorise en Tunisie l’émergence d’un marché parallèle de revente de créneaux. Des intermédiaires actifs sur les réseaux sociaux proposent, contre rémunération, d’obtenir des rendez-vous devenus presque introuvables, suscitant l’inquiétude des associations de défense des consommateurs et renforçant le sentiment de frustration des demandeurs.  

Les difficultés d’accès aux rendez-vous pour les demandes de visa continuent d’alimenter le mécontentement de nombreux Tunisiens. Sur Internet et les réseaux sociaux, des intermédiaires se présentent comme des facilitateurs capables d’obtenir des créneaux de rendez-vous auprès des centres chargés de recevoir les dossiers de visa, moyennant des sommes parfois élevées.

Comme de nombreux candidats au voyage, Lassaad Barhoumi passe plusieurs heures par jour à consulter les plateformes de réservation afin de décrocher un rendez-vous pour une demande de visa touristique vers l’Allemagne. Malgré des tentatives répétées, il affirme ne trouver aucun créneau disponible pour les mois d’été, période particulièrement sollicitée.

En Tunisie, les demandes de visa pour plusieurs destinations européennes sont traitées par des prestataires spécialisés, notamment TLScontact et VFS Global. La forte demande, conjuguée à la disponibilité limitée des rendez-vous, entraîne des délais d’attente pouvant s’étendre sur plusieurs semaines, voire plusieurs mois.

Selon Lotfi Riahi, président de l’Organisation tunisienne pour informer le consommateur, cette situation favorise « l’accaparement illégal des rendez-vous et leur revente ». Le responsable a récemment évoqué cette question avec les autorités consulaires françaises afin d’examiner les moyens de renforcer la lutte contre ce phénomène.

Sur les réseaux sociaux, des dizaines d’intermédiaires proposent ouvertement leurs services. Présentés comme des spécialistes du traitement des visas, ils promettent d’obtenir rapidement des rendez-vous contre rémunération. Certaines offres atteignent 90 euros, soit un montant équivalent au coût d’un visa Schengen, auquel s’ajoutent les frais de service exigés par les centres de dépôt.

Pour les défenseurs des consommateurs, cette activité a progressivement pris la forme d’un véritable marché parallèle. La numérisation des procédures et l’importance accordée aux plateformes de réservation ont contribué à l’essor de ces pratiques, désormais largement visibles sur les réseaux sociaux.

Au-delà du coût supplémentaire qu’il impose aux demandeurs, ce trafic accentue les critiques visant le système d’octroi des visas. Les procédures sont déjà jugées longues et coûteuses, tandis que les taux de refus demeurent élevés. En 2025, près d’un demandeur tunisien sur cinq s’est vu refuser un visa Schengen de court séjour.

Si les autorités françaises ont récemment affiché leur volonté de combattre la revente des rendez-vous, les associations estiment qu’une mobilisation plus large est nécessaire afin de garantir un accès équitable aux procédures et de mettre fin à des pratiques qui pénalisent les candidats au voyage.

KS

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