Reportage: la plage de Kélibia côté carte postale, côté supplices!

Kélibia pointe au hit-parade des principales destinations touristiques du pays depuis des décennies. Elle accueille chaque année des centaines de milliers de visiteurs, estivants et touristes venus passer quelques heures, quelques jours ou quelques semaines de vacances au bord de la mer. Chaque été, c’est donc le grand rush vers cette belle cité. Par ailleurs, ces dernières années, des milliers de ces amoureux et habitués de la ville ont fini par acheter des appartements ou des bungalows pieds dans l’eau comme résidences secondaires dédiées aux vacances. . Autant le jour, que la nuit, l’ambiance est de mise. Le jour, les plages sont bondées de monde.Kélibia tend ses bras et séduit ses visiteurs. Plus bas sur la plage, les baigneurs, très nombreux, savourent le plaisir de la mer. Jeunes, enfants, femmes et hommes se côtoient sur ce sable fin qui s’étend à l’infini.
Le revers de la médaille !
On peut choisir de descendre à l’hôtel tout comme on peut louer chez le particulier, formule beaucoup moins chère et plus avantageuse. Vue de loin, la carte postale est irrésistiblement belle. Vue de près, cependant, le revers de la médaille est beaucoup moins séduisant. Le visiteur qui débarque à Kélibia en juillet ou août doit d’abord s’armer d’une infinie patience pour s’extirper des innombrables embouteillages que connaît la région l’été venu, lorsque le trafic routier est multiplié par dix par l’arrivée des estivants et des touristes. Voies encombrées, des automobiles garées en pleine voie, étouffement, encombrement. Sans oublier que ces plages manquent cruellement de parkings . A l’entrée de la ville, tous les chemins mènent à la plage, un tronçon incontournable pour les usagers des quatre roues. Le flux est ralenti durant toute la journée, les bouchons sont interminables et l’encombrement atteint des pics inégalés, notamment aux heures de pointe. . Arrivée à la plage, Il est difficile de trouver durant la journée un coin vide. C’est plein surtout le week-end ou on doit mettre beaucoup de temps pour avoir sa place dans ces espaces les plus branchés de Kélibia comme El Mansourah et le Petit Paris.Si vos nerfs passent avec succès l’épreuve des embouteillages, il vous reste encore à être tolérant et magnanime devant l’afflux massif des estivants. J’adore cet endroit, il est magnifique ! La plage est très propre et calme, malheureusement elle est saturée et pleine à craquer .Côté cuisine, la bouffe est trop chère…” Leila, une habituée des lieux, partage cet avis et affirme qu’elle n’y retournera plus jamais. “C’est de l’arnaque ! Les services qu’ils proposent ne sont pas à la hauteur. On a rencontré plusieurs problèmes durant notre séjour. Par exemple, dès notre arrivée à la plage, la personne qui loue les parasols s’est octroyé le droit de prendre toutes les meilleures places sous prétexte qu’elle a loué l’endroit ! Les prix affichés par les commerces sont chers .Les restaurants du rivage étaient contraints de mettre les bouchées doubles pour répondre à la demande des clients. «Nous sommes vraiment surpris par cette forte affluence», dira un jeune parkingueur, avant qu’un gérant d’une gargote n’enchaîne pour exprimer sa joie de voir cette plage prise d’assaut par des estivants. «C’est de bon augure !», a-t-il dit avec un large sourire. Cet afflux massif des estivants fait le bonheur des commerçants de Kélibia qui sont pleinement satisfaits de cette période où ils réalisent chaque jour une bonne recette financière. C’est d’ailleurs ce que confirme Brahim, habitant à quelques pas de la plage: «J’avais une petite épicerie que j’ai transformée en restaurant avec spécialité poissons et grillades .je ne m’attendais pas à cette réussite. Je travaille de 8 heures du matin à minuit et je suis dépassé par la clientèle. Je peux passer une année avec une bonne santé financière. C’est la baraka ». Kélibia a son charme. Peu importe cette marée humaine. Chacun se débrouille pour se baigner et manger . Mais certains préfèrent changer de cap et aller vers d’autres plages limitrophes. Arrivé à El Haouaria ou Dar Allouch, c’est tout un autre monde qu’on dévoile. L’estivant n’a que l’embarras du choix pour planter son parasol en toute quiétude.
Mohamed Salim



