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Tensions au Moyen-Orient : Bassem Ennaifer redoute une onde de choc durable sur l’économie mondiale et la résilience tunisienne

UniversNews – L’incertitude plane plus que jamais sur l’économie mondiale. Selon l’analyste financier Bassem Ennaifer, la multiplication des foyers de tension au Moyen-Orient assombrit les perspectives de croissance globale et fragilise un équilibre déjà précaire.
Cette instabilité dépasse désormais le cadre strictement énergétique pour frapper de plein fouet les chaînes d’approvisionnement et la production de ressources stratégiques comme les engrais, augmentant ainsi la vulnérabilité des pays importateurs.
Dans ce contexte, l’expert met particulièrement en garde contre les menaces pesant sur les couloirs maritimes vitaux, notamment le détroit d’Ormuz, soulignant que les risques structurels pourraient s’installer durablement malgré l’existence de réserves pétrolières à court terme.

Cette onde de choc frappe prioritairement les géants industriels asiatiques. La Chine, l’Inde, le Japon et la Corée du Sud, fortement dépendants des flux énergétiques régionaux, se retrouvent en première ligne.
Par un effet de dominos, le ralentissement de ces locomotives économiques risque de gripper la machine mondiale, affectant par ricochet les pays en développement à travers une chute de la demande pour leurs exportations.
Si certains pays de la région, à l’image des Émirats arabes unis, tirent profit de la diversification de leur économie pour faire preuve de résilience, d’autres comme le Qatar voient leurs prévisions de croissance revues à la baisse, illustrant l’urgence pour ces États de repenser leurs routes de transit et leurs stratégies d’exportation.

À l’échelle nationale, la Tunisie navigue en eaux troubles avec une croissance qui stagne autour de 2 %. Ce chiffre, bien qu’affichant une certaine forme de résistance, cache une réalité fragile face à la flambée des cours du brut.
Le renchérissement de l’énergie pèse lourdement sur les coûts de production des entreprises tunisiennes, dégrade leur compétitivité et creuse le déficit budgétaire par le biais des subventions.
Entre un secteur touristique hypersensible aux aléas géopolitiques et une demande européenne incertaine, les répercussions de cette crise pourraient ne se manifester pleinement que de manière progressive, confirmant la thèse d’un choc économique aux effets persistants sur le moyen terme.

KS

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