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Travaux d’intérêt général : transformer la peine de prison en opportunité de réinsertion sociale

Tunis Unives news. L’emprisonnement n’est pas la seule réponse possible à une infraction pénale. De nombreuses mesures alternatives permettent de sanctionner et de réinsérer les personnes condamnées tout en évitant les conséquences néfastes d’une incarcération.La Fédération tunisienne des artisans et des petites et moyennes entreprises (FTAPME) suit  la situation dans les prisons tunisiennes et leur surpopulation croissante, alors même que l’État, les municipalités et de nombreux services publics souffrent d’une pénurie de personnel et d’une hausse des coûts.Partant du principe que la peine doit être un moyen de réforme et de réinsertion, et non une simple privation de liberté, la Fédération appelle à une réforme nationale globale du système pénal. Cette réforme doit viser à rendre justice, à protéger la société et à transformer la peine en une opportunité de productivité et de réhabilitation.

La Fédération propose le remplacement des courtes peines d’emprisonnement par des peines alternatives sous forme de travaux d’intérêt général sous contrôle judiciaire, la possibilité pour les personnes condamnées à de longues peines, dont l’état de santé et la situation juridique le permettent, de participer à des travaux d’intérêt général tels que la plantation d’arbres, l’entretien des institutions publiques, le nettoyage des villes, la protection des forêts, des projets agricoles et le développement des infrastructures, en échange d’une indemnité symbolique encadrée par la loi.

La Fédération  propose d’allouer une partie des recettes issues de ce projet à l’indemnisation des victimes, à la prise en charge partielle des frais d’hébergement en prison et au soutien des familles de détenus lorsque cela s’avère nécessaire. Elle estime que les contribuables ne devraient pas supporter seuls le coût de l’hébergement des détenus aptes au travail, d’autant plus que ces personnes, dans un cadre légal et humain respectueux de leur dignité et de leurs droits, peuvent contribuer à la société par leur travail et acquérir des compétences facilitant leur réinsertion après avoir purgé leur peine.

La Tunisie a aujourd’hui besoin d’un système judiciaire qui assure à la fois la dissuasion et la réhabilitation, et de sanctions constructives, qui restituent à la société une partie de ce qu’elle a perdu à cause de la criminalité, tout en réduisant la charge financière de l’État et en désengorgeant les prisons.La Fédération tunisienne des artisans et des petites et moyennes entreprises appelle  à engager un dialogue national sur la réforme du système pénal, conformément à la Constitution, dans le respect de la dignité humaine et dans l’intérêt supérieur de la nation.

                        Mohamed Salim

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