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La Tunisie aux avant-postes mondiaux dans la protection de l’écosystème marin, mais il y a un paradoxe

L’Indice de performance environnementale (EPI), publié tous les deux ans par le Yale Center for Environmental Law & Policy de l’Université Yale en collaboration avec le réseau CIESIN de l’Université Columbia, demeure l’une des références mondiales les plus incontournables pour mesurer l’efficacité des politiques écologiques à travers le globe. Dans son édition 2026, la Tunisie enregistre un classement encourageant en se hissant au 85ᵉ rang mondial sur 177 pays évalués, avec un score global de 41,05 points. À l’échelle régionale, ces résultats permettent au pays de se positionner au 6ᵉ rang dans la zone du Grand Moyen-Orient — dépassant légèrement la moyenne régionale fixée à 40,15 points — et de décrocher une honorable 5ᵉ place sur le continent africain.

​Bien que cette progression témoigne d’efforts continus, la Tunisie reste confrontée à des défis environnementaux majeurs qui nuancent son bilan global. Plusieurs indicateurs sectoriels révèlent néanmoins des avancées concrètes, notamment en matière de santé environnementale et de salubrité publique. Le pays se classe ainsi à la 76ᵉ position mondiale pour la gestion des déchets et atteint la 66ᵉ place concernant la réduction de l’exposition au plomb et aux métaux lourds, illustrant une prise en charge progressive des risques sanitaires liés à la pollution.

​C’est toutefois sur le plan de la protection marine que la Tunisie distingue le plus nettement son action, affichant un résultat remarquable mais contrasté. Le rapport la classe au tout premier rang mondial pour l’efficacité de la gestion de ses zones marines protégées, saluant la rigueur et la qualité du suivi des réserves existantes. Néanmoins, ce leadership est tempéré par une 79ᵉ place mondiale en ce qui concerne la couverture effective des zones marines d’importance biologique. Selon les analystes de l’EPI, ce décalage met en évidence la frontière entre une gouvernance irréprochable des périmètres déjà sanctuarisés et la nécessité d’élargir le réseau de protection à d’autres écosystèmes marins vulnérables qui demeurent encore exposés.

KS

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