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Expatriés tunisiens : une manne financière encore sous-exploitée

Tunis – Univers News. Avec des transferts qui devraient dépasser les 10 milliards de dinars en 2026, les Tunisiens résidant à l’étranger confirment leur rôle de pilier de l’économie nationale. Ces envois de fonds représentent désormais près de 8 % du PIB et constituent une source de devises largement supérieure aux investissements directs étrangers. Pourtant, derrière ces chiffres flatteurs, une question s’impose : la Tunisie connaît-elle réellement sa diaspora ?

Lors de la Conférence régionale des Tunisiens de l’étranger, le président de l’UTICA, Samir Maâjoul, a rappelé que près de deux millions de Tunisiens vivraient hors du pays. Un chiffre qui demeure toutefois une estimation, faute de statistiques actualisées et d’un recensement précis. Les autorités disposent de peu de données sur les profils, les compétences, les attentes ou encore les projets de ces expatriés, qu’ils soient ingénieurs, médecins, entrepreneurs ou ouvriers.

Cette méconnaissance prive le pays d’un levier stratégique. Une meilleure cartographie de la diaspora permettrait de favoriser les investissements, les transferts de compétences et les retours temporaires d’expertise, autant d’atouts indispensables au développement économique.

Autre sujet de préoccupation régulièrement soulevé par les Tunisiens de l’étranger : le coût des transferts d’argent. Entre les commissions des opérateurs, les frais bancaires et les marges sur le change, de nombreux expatriés dénoncent des prélèvements qu’ils jugent excessifs. Cette situation nourrit le sentiment que leur contribution financière est davantage valorisée que leur statut de citoyens ou leurs attentes vis-à-vis de leur pays d’origine.

Le contraste est d’autant plus marqué que les transferts de la diaspora dépassent largement les investissements directs étrangers, estimés à 825 millions de dinars au premier trimestre 2026. Alors que l’État mise sur ces ressources pour soutenir l’économie, plusieurs observateurs estiment qu’une véritable stratégie nationale à destination des Tunisiens de l’étranger devient indispensable.

Au-delà de leur apport financier, la diaspora constitue un capital humain considérable. La considérer uniquement comme une source de devises reviendrait à sous-estimer son potentiel d’innovation, d’investissement et de rayonnement international. Pour de nombreux experts, le défi consiste désormais à passer d’une logique de collecte des transferts à une véritable politique de partenariat avec les millions de Tunisiens établis à l’étranger.

KS

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