
UnivesNews – De la rigueur du Contrôle Général à la présidence des plus grandes institutions bancaires, Néjia Gharbi s’est imposée comme la figure de proue de la finance publique tunisienne. Portrait d’une technocrate de haut vol qui, depuis 2021, a transformé la CDC en un levier stratégique pour l’État.
Par son calme olympien et sa maîtrise technique, Néjia Gharbi impose le respect dans les couloirs feutrés des ministères comme dans les conseils d’administration électrique des banques publiques. Diplômée de l’ENA en 1991, cette haute fonctionnaire a gravi tous les échelons de l’administration avec une constante : l’obsession de l’intérêt général.
L’école de la rigueur
Sa carrière ne doit rien au hasard. Elle se forge d’abord au Contrôle Général des Services Publics, où elle apprend pendant dix ans l’anatomie de l’État. Cette expertise du terrain et des mécanismes financiers lui permet de piloter des projets complexes, notamment pour la Banque Mondiale, avant de s’attaquer aux secteurs névralgiques de l’économie nationale : les phosphates et le transport d’hydrocarbures.
Son passage au poste de secrétaire générale de Tunisair (2012-2014) en pleine période de transition restera l’une de ses épreuves de feu, confirmant ses capacités de gestionnaire de crise.
La « Dame de Fer » de la finance publique
C’est à la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC) que Néjia Gharbi donne sa pleine mesure. Forte d’une expérience de plus de huit ans au sein de la CDC, Nejia Gharbi y occupe actuellement des fonctions de premier plan. Arrivée en avril 2018 en tant que Directrice Générale Adjointe (DGA), elle a gravi les échelons pour prendre la tête de l’institution en tant que Directrice Générale (DG) depuis septembre 2021.
En 2026, son mandat à la tête de la CDC a été prorogé pou 3 ans.
Son leadership au sein de la CDC s’inscrit dans une carrière solide marquée par la gouvernance de grandes institutions financières tunisiennes. Sous sa direction, la CDC a dépassé son rôle de simple coffre-fort pour devenir un moteur d’innovation et de durabilité, favorisant les Partenariats Public-Privé (PPP).
Son influence s’étend également au secteur bancaire, où elle a réalisé un « grand chelem » inédit :
Présidence de la STB (Société Tunisienne de Banque) à deux reprises.
Présidence de la BNA (Banque Nationale Agricole).
Administrateur Délégué en période de vacance, assurant la continuité de l’État avec une poigne de fer.
Une expertise certifiée à l’international
Ce qui distingue Néjia Gharbi, c’est son refus de la stagnation. Malgré ses hautes responsabilités, elle a multiplié les certifications internationales (Banque Mondiale, Berlin, Londres), se spécialisant dans la Bonne Gouvernance et la finance structurée. Cette double culture, mêlant administration tunisienne et standards internationaux, lui confère une crédibilité rare auprès des bailleurs de fonds.
Une reconnaissance méritée
Sacrée Femme Manager du Secteur Public en 2020, elle n’est pas seulement une technicienne de la finance. Elle incarne aujourd’hui une génération de dirigeantes qui allient compétence technique et vision stratégique. En 2026, au terme de son mandat à la CDC, elle laisse derrière elle une institution solidifiée et un sillage d’excellence qui marque durablement l’administration tunisienne.



