Paris sous 50 degrés : bienvenue dans la capitale du tourisme thermique…

Partir à Paris pour un contrôle médical devrait être une démarche rassurante. Pour ce Tunisien habitué des séjours médicaux dans la capitale française, l’expérience s’est pourtant transformée en véritable parcours du combattant… climatique.
Premier choc : l’hôtel situé à deux pas d’un prestigieux hôpital parisien. La nuitée ? 160 euros. Oui, 160 euros pour quelques heures de sommeil. Un tarif qui semble avoir fondu sous l’effet de la chaleur pour atteindre des sommets difficilement justifiables.
Mais le plus surprenant reste ailleurs : nulle part, sur le site ou les réseaux sociaux de l’établissement, il n’est indiqué que les chambres sont dépourvues de climatisation. Un détail, sans doute, lorsqu’une canicule historique frappe Paris. Une précision que l’on découvre uniquement au comptoir, lorsque le réceptionniste, sans émotion particulière et une fois la facture payée, vous apprend qu’ici la climatisation n’a jamais été invitée !
Deuxième étape : l’hôpital. Là encore, même scénario. Des patients souffrant de problèmes respiratoires, cardiaques ou de vertiges attendent dans des locaux où la chaleur devient parfois insupportable. Comment expliquer qu’au cœur d’une métropole qui connaît désormais des épisodes caniculaires récurrents chaque été, la question de l’adaptation des infrastructures demeure aussi négligée ?
La journée se termine dans un restaurant chic du centre de Paris. Cadre élégant, addition salée… et toujours pas de climatisation. Les clients dégustent leur repas dans une atmosphère digne d’un hammam de luxe.
Paris excelle dans l’art de facturer le confort. Encore faudrait-il qu’il existe. À l’heure où le réchauffement climatique n’est plus une hypothèse mais une réalité, la Ville Lumière semble avoir trouvé une solution originale : laisser habitants, patients et visiteurs cuire à petit feu tout en leur présentant l’addition.
Mustapha Machat



