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Coup de soleil : que faire, quels remèdes et quand consulter : les conseils du dermatologue Dr. Asmahane Souissi

 Face à la vague de chaleur qui s’abat sur la Tunisie, les coups de soleil deviennent un problème courant. Nous avons besoin de conseils d’une dermatologue pour soulager la douleur et favoriser un sommeil réparateur. Les conseils du Dr. Asmahane Souissi , professeure agrégée   de dermatologie à la Faculté de médecine de Tunis et dermatologue à l’hôpital des forces de sécurité intérieure de la Marsa

Univers.news Quels sont les principaux dangers liés à l’exposition au soleil ?

Dr.Asmahane Souissi : Le soleil est un moteur de bien-être indispensable et une source essentielle pour la synthèse de la vitamine D. Cependant, une exposition aux rayons ultraviolets (UV) sans protection agresse directement les cellules de la peau. Ces agressions sont classées en deux catégories : d’un côté, nous avons les agressions immédiates causées par les UVB qui  restent à la surface de l’épiderme et qui sont responsables des coups de soleil. Leurs dommages sont visibles et douloureux. De l’autre côté, nous avons des dégâts à long terme causés par les UVA qui pénètrent plus profondément dans le derme sans provoquer de douleur. Jour après jour, ils accélèrent le vieillissement de la peau et font apparaître des taches brunes. Il est capital de retenir que les UVA et les UVB altèrent notre ADN et sont conjointement responsables des cancers cutanés. 

1. Les agressions immédiates : le coup de soleil

L’agression immédiate la plus fréquente est le coup de soleil. Il ne s’agit pas d’une simple rougeur, mais d’une véritable brûlure radiologique, principalement causée par les rayons UVB. Face à l’agression massive des UV, les cellules endommagées libèrent des médiateurs inflammatoires qui provoquent la rougeur, la douleur voire l’apparition de cloques. Quelques jours plus tard survient la desquamation (la peau qui pèle) laissant place à un nouvel épiderme.

2. Les dangers silencieux à long terme

Notre peau possède un capital solaire, une mémoire invisible qui correspond à sa capacité naturelle à réparer les lésions de l’ADN cutané. Au fil des années et des expositions excessives, ce système de réparation s’épuise, entraînant:

-Le vieillissement cutané prématuré (photo-vieillissement) : Les rayons UVA pénètrent profondément dans le derme et y génèrent un stress oxydatif intense en libérant des radicaux libres. Ces derniers détruisent progressivement les fibres de collagène et d’élastine. En conséquence, la peau s’affine, s’assèche, perd sa fermeté, se creuse de rides profondes et se couvre de taches brunes (les lentigos solaires).

-Les cancers de la peau : C’est le risque le plus redoutable, conséquence directe de la défaillance du système de réparation cellulaire face aux UV.

·         Les carcinomes : Ce sont les cancers cutanés les plus fréquents. Directement liés à la dose cumulée de soleil reçue tout au long de la vie. Ils apparaissent généralement sur les zones le plus souvent découvertes (visage, oreilles, dos des mains). Leur détection précoce permet la guérison.

·         Le mélanome : Moins fréquent mais particulièrement agressif et potentiellement mortel, il se développe rarement à partir d’un grain de beauté existant. Il survient le plus souvent sur une peau parfaitement saine. Il est étroitement lié aux expositions solaires intenses et intermittentes (les coups de soleil cuisants), en particulier lorsqu’elles surviennent pendant l’enfance ou l’adolescence.

Toute lésion pigmentée (plaque noire, grain de beauté suspect) doit pousser à consulter rapidement un médecin, en particulier si elle présente les critères suivants :

A – Asymétrie : Le grain de beauté n’est pas arrondi ou ovalaire. Sa moitié gauche ne ressemble pas à sa moitié droite.

B – Bordure : Contours irréguliers, déchiquetés ou mal délimités.

C – Couleur : Présence de plusieurs teintes (brun, noir, rouge, bleu).

D – Diamètre : Supérieur à 6 mm.

E – Évolution : Changement rapide d’aspect, de taille, de forme ou de couleur dans le temps.

3. Les dommages oculaires

Le soleil brûle également les yeux. Sans lunettes de protection certifiées, les UV agissent directement sur les structures oculaires :

-À court terme : Une exposition aigue peut provoquer une brûlure de la cornée appelée ophtalmie.

-À long terme : L’accumulation des rayons accélère le vieillissement du cristallin, favorisant l’apparition précoce d’une cataracte, et augmente le risque de développer une Dégénérescence Maculaire Liée à l’Âge (DMLA).

Certaines peaux sont-elles plus sensibles que d’autres ?

-Oui, effectivement. Face au soleil, nous sommes loin d’être tous égaux. Notre sensibilité au soleil dépend avant tout de notre patrimoine génétique, et plus particulièrement de notre phototype. D’autres facteurs, comme l’âge ou la prise de certains médicaments, jouent également un rôle crucial.

1. Le phototype
En dermatologie, nous classons la sensibilité des peaux selon une échelle internationale allant de I à VI, appelée « phototypes ». La grande différence entre ces peaux réside dans la quantité et, surtout, dans la qualité de la mélanine produite :

-Les peaux très claires, rousses ou blondes (Phototypes I et II) : Ce sont les plus vulnérables. Elles produisent principalement de la phéomélanine, une mélanine claire (rouge/orangée) qui protège très mal des rayons UV et qui a même la particularité de générer des substances toxiques (stress oxydatif) sous leur effet. Ces personnes ne bronzent presque pas, prennent systématiquement des coups de soleil et présentent le risque le plus élevé de vieillissement prématuré et de cancer cutané.

-Les peaux intermédiaires à mates (Phototypes III et IV) : Ce sont les plus fréquentes en Tunisie. Ces peaux possèdent un mélange plus équilibré de mélanine. Elles bronzent facilement et sont moins sujettes aux coups de soleil sévères.

-Les peaux foncées à noires (Phototypes V et VI) : Elles sont naturellement très protégées contre les brûlures. Néanmoins, le mythe de leur invulnérabilité est à déconstruire. Elles restent sujettes au vieillissement solaire, au cancer cutané (souvent diagnostiqué plus tardivement) et, surtout, à de sévères taches d’hyperpigmentation (taches brunes rebelles) favorisées par le soleil.

2. L’influence de l’âge
La vulnérabilité face au soleil évolue tout au long de la vie :

-Chez le bébé et l’enfant : La peau est beaucoup plus fine et le système de défense et de réparation de l’ADN est encore immature. Il faut savoir que les dommages causés pendant l’enfance sont ceux qui augmentent le plus le risque de développer un mélanome à l’âge adulte.

-Chez la personne âgée : Avec le temps, la peau s’affine et perd une partie de ses défenses immunitaires locales, la rendant beaucoup plus vulnérable au développement de cancers cutanés.

3. Les agents photosensibilisantsCertains facteurs extérieurs peuvent décupler la sensibilité de la peau aux UV, provoquant ce que l’on appelle une photosensibilisation. J’alerte particulièrement sur deux d’entre eux :

-Les médicaments : De nombreux traitements d’usage courant (certains antibiotiques, anti-inflammatoires, traitements contre l’acné, l’hypertension, le diabète) peuvent être photo sensibilisants.

-Les parfums et cosmétiques : Appliquer certains parfums ou certaines huiles essentielles (notamment d’agrumes) directement sur la peau avant de s’exposer provoque une réaction chimique au soleil.

 Comment prévenir efficacement les dommages cutanés liés aux rayons UV?

Se protéger du soleil ne se résume pas à appliquer un écran solaire car cela est insuffisant. La vraie photoprotection est une stratégie globale qui associe plusieurs barrières de défense. Voici les règles simples pour une exposition en toute sécurité.

1. La règle horlogère

-Éviter la plage horaire critique (10h – 16h)

-Attention aux pièges météorologiques : Les nuages ne filtrent que 10 à 20 % des UV ; un ciel voilé procure une sensation de fraîcheur trompeuse mais ne protège pas du coup de soleil. De même, le vent masque la sensation de chaleur sans réduire l’agression des rayons.

2. Moyens de protection mécanique : Vêtements, chapeaux et lunettes

Les vêtements restent la méthode de protection la plus efficace, la plus écologique et la plus économique :

-Le choix des vêtements : Optez pour des vêtements secs et tissés serrés. Pour la protection contre les UV, les vêtements foncés sont nettement meilleurs que les vêtements clairs.
En effet, une couleur sombre comme le noir va agir comme une éponge et absorber les UV avant qu’ils n’atteignent votre peau. À l’inverse, un vêtement blanc ou pastel va vous donner une sensation de fraîcheur parce qu’il réfléchit la chaleur, mais il va laisser passer une grande partie des UV. À ce choix de couleur doit s’ajouter une autre règle essentielle : privilégier les manches longues. Pour ne pas souffrir de la chaleur tout en étant protégé, l’astuce est d’opter pour des vêtements foncés, à manches longues, mais avec une coupe très ample pour laisser circuler l’air.

Pour les enfants, privilégiez si possible les vêtements anti-UV certifiés (indice UPF 50+), qui garantissent un blocage d’au moins 98 % des rayons, qu’ils soient secs ou mouillés.

-Le chapeau à bords larges : Privilégiez un chapeau à bords larges. La casquette classique laisse les oreilles et la nuque totalement à découvert (deux zones à très haut risque de cancer cutané).

– Assurez-vous que les lunettes de soleil sont médicalement fiables car la teinte du verre ne garantit pas la protection.

3. Protection chimique : L’écran solaire

L’écran solaire intervient pour protéger les zones de peau qui restent impérativement découvertes:

-Le choix du produit : Privilégiez un SPF 50 ou 50+. Vérifiez la présence du logo UVA (entouré d’un petit cercle), qui garantit que la crème protège aussi contre le vieillissement et les cancers cutanés, en plus des coups de soleil.

-Appliquez votre protection 20 à 30 minutes avant de sortir, sur une peau propre et sèche, pour permettre une bonne répartition et absorption du film protecteur.

-La dose : Appliquez la quantité requise. Par exemple, pour le visage et le cou, appliquez l’équivalent de deux longueurs de doigt.

-La ré application toutes les 2 heures : La sueur, les frottements (serviette, sable) et la dégradation naturelle des filtres à la lumière exigent une nouvelle application au minimum toutes les deux heures, et systématiquement après chaque baignade, même pour une crème mentionnée « résistante à l’eau ».

Et n’oubliez pas les oreilles, le dessus des pieds et les lèvres. L’écran solaire ne sert pas uniquement à éviter la rougeur du coup de soleil, il permet d’éviter l’apparition des taches et protège la santé cellulaire de la peau.

Les règles d’or de l’enfance

-Tolérance zéro avant 1 an : Un bébé de moins de 12 mois ne doit jamais être exposé directement au soleil.

-Le choix stratégique du filtre solaire : Pour les enfants (et tout particulièrement avant 3 ans), privilégiez les filtres minéraux. Ils présentent un double avantage : aucun risque d’allergie ou de perturbation endocrinienne, et une efficacité immédiate dès l’application, sans attendre 20 minutes.

-L’apprentissage par l’exemple : La photoprotection doit devenir un réflexe d’hygiène de vie, au même titre que le brossage des dents.

Les spécificités de l’âge avancé :

-Protection du cuir chevelu : En cas d’alopécie ou de calvitie, le sommet du crâne devient une zone cible à haut risque de lésions précancéreuses et cancéreuses. Le port quotidien d’un chapeau est un acte de prévention médicale majeur.

-Une hydratation à double sens : Une peau âgée s’assèche très vite sous l’effet du soleil. L’écran solaire (choisi en version crème riche) doit être systématiquement couplé à l’application quotidienne d’un soin hydratant le soir, pour préserver la barrière cutanée.

Quelles sont les moyens et les techniques utilisés pour nourrir la peau et lui redonner son éclat après des mois d’exposition au soleil?

Après l’été, la peau subit un véritable effet rebond : pour se défendre contre les rayons, la couche cornée s’est épaissie, ce qui donne un teint terne et rugueux une fois le bronzage dissipé, accompagné d’une déshydratation profonde et de l’apparition de taches. Pour relancer la lumière et nourrir la peau en profondeur, il faut adopter une stratégie de relance cellulaire à la fois douce et ciblée, associant une routine cosmétique adaptée et, si besoin, des soins médicaux spécialisés.

1-Exfolier et renouveler

Pour redonner de l’éclat, il faut d’abord éliminer les cellules mortes qui asphyxient l’épiderme et empêchent la lumière de se réfléchir correctement.

-Routine cosmétique 

-Privilégiez les exfoliants chimiques doux à base d’acides de fruits (AHA, comme l’acide glycolique ou lactique), à appliquer le soir. Ils grignotent en douceur les cellules mortes et lissent le grain de peau en quelques jours.

-À partir de l’automne, réintroduisez progressivement le Rétinol (vitamine A) le soir. C’est l’actif de référence pour accélérer le renouvellement cellulaire et affiner la texture cutanée.

-Au cabinet médical

Le Peeling médical, réalisé avec des concentrations contrôlées d’acide glycolique ou d’acide trichloracétique, efface le teint grisâtre et resserre les pores.

Précaution indispensable : Les peelings doivent impérativement être réalisés à distance de toute exposition solaire. Une peau fraîchement exfoliée étant extrêmement photosensible, les rayons UV risqueraient de provoquer des brûlures ou l’apparition de taches pigmentaires sévères (hyperpigmentation post-inflammatoire).

2. Réhydrater en profondeur

Le soleil et la chaleur ont évaporé les réserves d’eau du derme et altéré le film hydrolipidique de surface. Une peau déshydratée ne peut pas être lumineuse.

-Routine cosmétique 

Appliquez un sérum à l’Acide Hyaluronique sur peau légèrement humide : cette molécule agit comme une éponge capable de retenir l’eau, gonflant ainsi les ridules de déshydratation.

Puis appliquez une crème riche en Céramides et en Niacinamide (Vitamine B3). Ces lipides reconstruisent le ciment de la peau, apaisent les inflammations et empêchent l’eau de s’évaporer à nouveau.

-Au cabinet médical

La Mésothérapie : Il s’agit de micro-injections superficielles d’un cocktail hyper-nutritif (vitamines, antioxydants, acides aminés et minéraux) directement dans le derme pour revitaliser les tissus fatigués.

Les Skinboosters : Injectés en nappage sous la peau,  les Skinboosters agissent comme un réservoir d’hydratation interne qui redonne un aspect rebondi et lumineux pour plusieurs mois.

3. Unifier le teint

Pendant la saison estivale, les rayons solaires ont généré un stress oxydatif intense et ont déréglé la production de mélanine, créant des taches brunes (lentigos solaires) ou un masque de grossesse (mélasma).

-Routine cosmétique 

Chaque matin, appliquez un sérum concentré en Vitamine C pure (acide L-ascorbique) pour neutraliser les radicaux libres résiduels, estomper les taches naissantes et donner un coup d’éclat au teint.

L’application d’un écran solaire SPF 50 tous les matins reste nécessaire.

Au-delà des traitements médicaux, est-ce que on a besoin d’une alimentation saine et équilibrée pour apporter à la peau les vitamines nécessaires ?

Une alimentation saine et équilibrée est primordiale pour la santé de notre peau.

La peau a besoin de:

-La Vitamine C : nécessaire pour la synthèse du collagène qui donne sa fermeté à la peau. C’est également un puissant éclaircissant naturel contre les taches solaires. Vous en trouvez dans les oranges, les citrons, les fraises, les poivrons crus (rouges et jaunes, qui en contiennent le triple d’une orange), le persil frais, et les tomates…

-La Vitamine E: Elle protège contre le vieillissement prématuré et travaille main dans la main avec la vitamine C. On la trouve dans les amandes, les noisettes, les cacahuètes, l’huile d’olive et les avocats…

-La Vitamine A et le Bêta-carotène: (le rétinol naturel). On la trouve dans les carottes, les patates douces, les épinards, les abricots, les produits laitiers entiers…

-Les Acides Gras Oméga-3: combattent directement la micro-inflammation qui provoque rougeurs, sécheresse rebelle et imperfections (noix, grains de chia, sardines…)

-Les Protéines de qualité: nécessaires pour la synthèse du collagène et de l’élastine (œufs riches en acides aminés soufrés, la volaille, le poisson, ainsi que dans les légumineuses (lentilles, pois chiches).

-Les oligo-éléments

  • Le Zinc : C’est le grand cicatrisant de la peau. Il régule le sébum et apaise l’inflammation. On le trouve dans les fruits de mer, les graines de courge et les céréales complètes…
  • Le Sélénium : Un oligo-élément qui démultiplie l’action antioxydante des vitamines (thon, sardines, viandes, œufs, noix du Brésil…)

N’oubliez jamais le vecteur de tous ces nutriments : l’eau. Buvez au moins 1,5 à 2 litres d’eau par jour, en y associant du thé vert et des infusions antioxydantes. À l’inverse, limitez drastiquement le sucre blanc raffiné et les produits ultra-transformés.

À quelle fréquence faut-il consulter un dermatologue ?

La fréquence dépend avant tout du profil de risque personnel. Pour guider le grand public, je divise les patients en deux catégories : la surveillance active à la maison et la surveillance médicale renforcée.

1. Pour la population générale : L’auto-examen comme règle de base

Si vous avez une peau mate ou intermédiaire, peu de grains de beauté (moins de 20), aucun antécédent personnel ou familial de cancer de la peau et que vous n’avez pas subi de brûlures solaires graves durant l’enfance, un examen annuel systématique au cabinet n’est pas impératif.

-La règle d’or (3 à 4 fois par an) : La meilleure surveillance reste l’auto-examen de la peau à domicile. Devant un grand miroir et à l’aide d’un miroir à main pour le dos, inspectez l’ensemble de votre corps, de la plante des pieds jusqu’au cuir chevelu.

-Vous devez prendre rendez-vous si vous constatez l’apparition d’une lésion nouvelle ou la modification d’un grain de beauté existant (voir critères ABCDE plus haut).

2. Pour les profils à risque : Une visite annuelle ou semestrielle obligatoire

Certaines peaux exigent un suivi médical strict et régulier au minimum une fois par an, voire tous les 6 mois si vous présentez au moins l’un de ces critères :

-Un nombre élevé de grains de beauté : Si vous possédez plus de 50 à 100 grains de beauté, ou si certains ont un aspect atypique (larges, irréguliers).

-Un phototype à très haut risque : Les peaux très claires (Phototypes I et II), les personnes rousses ou blondes aux yeux clairs, qui brûlent facilement au soleil.

-Des antécédents personnels ou familiaux : Si vous ou un membre de votre famille au premier degré (parents, frères et sœurs) avez déjà eu un cancer de la peau (mélanome ou carcinome).

-Un passé de coups de soleil sévères : Si vous avez subi des brûlures solaires importantes, avec cloques, pendant votre enfance ou votre adolescence.

-Une immunodépression ou un travail en extérieur : Les personnes sous traitement immunosuppresseur (greffés, chimiothérapie…) ainsi que les travailleurs en plein air (agriculteurs, le personnel de bâtiment) soumis à une exposition chronique.

Vous êtes lauréate du prix ILDS Young Dermatologist International Achievement Award 2027 pour la région Afrique, décerné par l’International League of Dermatological Societies (ILDS) . Que représente pour vous cette distinction ?

Recevoir le prix ILDS Young Dermatologist International Achievement Award 2027 pour la région Afrique, décerné par la Ligue Internationale des Sociétés de Dermatologie (ILDS) est un moment chargé d’une signification profonde. Bien plus qu’une simple distinction prestigieuse, il s’agit d’un jalon fondamental dans ma vie de médecin, de chercheuse et de citoyenne.

Sur le plan professionnel, cette consécration représente la validation de douze années d’un travail acharné. Douze années d’efforts rythmées par la passion de la recherche, qui se sont traduites par des publications dans des revues scientifiques de très haut niveau, la direction et la rédaction d’ouvrages et de chapitres de livres, et des conférences données dans plus de vingt-cinq pays à travers quatre continents. C’est la reconnaissance d’un parcours qui m’a menée à assumer des postes de direction au sein de sociétés savantes internationales, et à faire entendre ma voix en tant qu’experte mondiale dans des domaines de pointe comme la trichoscopie et la psychotrichologie.

Au-delà de cette reconnaissance, je ne perçois pas ce prix comme un aboutissement, mais plutôt comme une responsabilité pour l’avenir. Il est une source d’inspiration pour continuer à évoluer, pour représenter dignement mon pays, et pour œuvrer à l’amélioration de la santé de la peau en Tunisie et en Afrique, tout en renforçant mon impact à l’échelle mondiale. 

Sur le plan plus personnel, ce prix résonne comme une profonde confirmation. Il vient me rappeler que la foi, l’amour inconditionnel de la science, associés à un travail d’une rigueur absolue et à une profonde exigence, finissent toujours par porter leurs fruits. Il m’enseigne, surtout, que l’humilité et la résilience face aux adversités et aux innombrables défis demeurent, en toute circonstance, les véritables clés de la réussite.

Si j’ai aujourd’hui un message à transmettre, en particulier à la jeunesse, c’est celui de l’espérance et de l’enracinement. Faire le choix de rester en Tunisie, d’exercer avec dévouement au sein de notre hôpital public et de rayonner à l’international depuis ma terre natale n’a pas été le chemin le plus facile. Mais c’est un choix que j’ai pleinement assumé. Aujourd’hui, je suis immensément fière de prouver qu’il est possible d’atteindre l’excellence mondiale et de réaliser ses rêves tout en restant au service de son propre pays.

Enfin, on ne gravit jamais une telle montagne seule. Ce prix est l’occasion de rendre un vibrant hommage à mon socle, ma petite famille, pour ses sacrifices et son soutien inconditionnel. Je le dédie également à ma grande famille : mes illustres maîtres qui ont forgé mon esprit, mes collègues et mes amis, tant à l’échelle nationale qu’internationale. Tous ceux qui, un jour, ont cru en moi et m’ont donné la force d’aller toujours plus loin.

                           Recueillis par Mohamed Salim

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