
Exclusif: Banques publiques : la BNA confirme son leadership, la STB enclenche un redressement crédible, la BH toujours sous pression
BNA en tête, STB en reconquête, BH à la croisée des chemins
- La BNA combine croissance, rentabilité et maîtrise des charges, ce qui la positionne clairement comme la banque publique la plus performante à fin 2025.
- La STB ne joue plus la survie, mais la reconstruction. Les indicateurs de 2025 confirment une trajectoire de redressement crédible, fondée sur des choix prudents, une diversification des revenus et une amélioration tangible de l’efficience.
- La BH Bank semble enfermée dans une dynamique défavorable, caractérisée par une croissance molle, une rentabilité sous pression et une structure de coûts mal maîtrisée.
L’analyse comparative des performances des principales banques publiques tunisiennes met en évidence des trajectoires nettement différenciées.
- La BNA conserve une avance structurelle en matière de taille et de volumes. Elle domine aussi bien le Produit Net Bancaire que les encours de crédits et de dépôts, confirmant son positionnement de banque de référence du secteur public. Cette performance s’appuie sur une base bilancielle solide et une capacité éprouvée à générer des revenus.
- La STB, pour sa part, se distingue par une dynamique de redressement particulièrement significative. Bien que ses volumes restent inférieurs à ceux de la BNA, la banque affiche une amélioration marquée de sa rentabilité, une progression du PNB et une gestion plus disciplinée de ses charges. Cette trajectoire traduit un repositionnement stratégique et une montée en puissance progressive, faisant de la STB l’établissement public présentant aujourd’hui le potentiel d’amélioration le plus visible.
- La BH, en revanche, affiche une évolution plus contrastée. Malgré une base d’activité encore importante, ses indicateurs traduisent une dynamique moins favorable, avec une progression plus limitée des revenus et une performance globale sous pression, soulignant la nécessité d’ajustements structurels plus profonds.



- BNA Bank : une dynamique solide et une création de valeur confirmée
La BNA Bank ressort incontestablement comme le meilleur élève du secteur public bancaire en 2025. Ses indicateurs traduisent une croissance équilibrée, portée à la fois par l’activité commerciale et par une gestion efficace de son portefeuille financier.
Les produits d’exploitation bancaire atteignent 2 493 MDT, en progression de 8,9 %, une performance nettement supérieure à celle de ses pairs. Cette croissance est tirée principalement par la forte hausse des revenus du portefeuille d’investissement (+40,5 %), traduisant un positionnement judicieux sur les titres, notamment les Bons du Trésor Assimilables (BTA), dans un contexte de taux favorable.
Le produit net bancaire (PNB) s’établit à 1 085 MDT, en hausse de 11,2 %, confirmant la capacité de la BNA à transformer la croissance de ses revenus en création de valeur nette. Cette performance est d’autant plus notable que la progression des charges opératoires est contenue à 2,8 %, avec une quasi-stabilité des frais du personnel (+0,5 %), illustrant une discipline de gestion appréciable.
Sur le plan bilanciel, la BNA affiche :
- Une croissance des crédits à 14 450 MDT (+7,4 %),
- Une hausse soutenue des dépôts à 13 921 MDT (+9,8 %), tirée notamment par les dépôts à vue (+28,9 %),
- Des fonds propres en progression de 9,1 %, renforçant la solidité financière de la banque.
La BNA combine ainsi croissance, rentabilité et maîtrise des charges, ce qui la positionne clairement comme la banque publique la plus performante à fin 2025.
- STB : des signaux positifs qui confirment une trajectoire de redressement maîtrisée
La Société Tunisienne de Banque (STB) affiche à fin décembre 2025 des indicateurs encourageants, traduisant une dynamique de redressement progressive mais désormais lisible. Après plusieurs exercices de restructuration et de consolidation, la banque semble entrer dans une phase de stabilisation durable, fondée sur une meilleure qualité de revenus et une discipline accrue en matière de charges.
Le produit net bancaire s’établit à 688 MDT, en hausse de 5,9 %, une progression significative dans un environnement bancaire encore contraint. Cette évolution repose sur une diversification des sources de revenus, avec une forte montée en puissance des revenus du portefeuille titres (+42,7 %), compensant le repli volontaire des revenus d’intérêts.
Cette baisse des encours de crédits (-11,5 %) ne doit pas être interprétée comme un affaiblissement commercial, mais plutôt comme le reflet d’un arbitrage stratégique assumé, visant à privilégier la qualité du portefeuille et la maîtrise du risque. Dans le contexte post-restructuration de la STB, cette orientation renforce la soutenabilité du modèle et prépare les bases d’une reprise plus saine du crédit.
Sur le plan des ressources, la banque enregistre une collecte de dépôts robuste (+9,7 %), portée notamment par la progression des dépôts à terme (+25,7 %) et des dépôts d’épargne (+7,6 %). Cette évolution traduit un retour progressif de la confiance de la clientèle et une capacité accrue à mobiliser une épargne stable.
La maîtrise des charges constitue un autre signal positif. Les charges opératoires n’augmentent que de 2,5 %, tandis que le coefficient d’exploitation s’améliore sensiblement à 48,47 %, contre plus de 50 % un an auparavant. Cette performance témoigne des efforts continus de rationalisation engagés par la banque et d’une meilleure efficience opérationnelle.
La STB ne joue plus la survie, mais la reconstruction. Les indicateurs de 2025 confirment une trajectoire de redressement crédible, fondée sur des choix prudents, une diversification des revenus et une amélioration tangible de l’efficience. Si l’écart avec la BNA demeure, la STB s’affirme désormais comme une banque publique en voie de consolidation, avec un potentiel de montée en puissance sur les prochains exercices.
- BH Bank : une performance en recul et des signaux d’alerte persistants
À l’inverse, la BH Bank apparaît comme le maillon faible du trio public en 2025. Ses indicateurs traduisent une dégradation simultanée de l’activité, de la rentabilité et de l’efficience opérationnelle.
Les produits d’exploitation bancaire reculent de 0,6 %, tandis que le PNB diminue de 2,8 % pour s’établir à 681 MDT, malgré une hausse des revenus du portefeuille titres (+31,9 %). Cette compensation reste insuffisante face à la baisse marquée des intérêts (-7,4 %) et des commissions (-6,7 %), révélant un affaiblissement de l’activité bancaire cœur.
Plus préoccupant encore, la BH Bank enregistre :
- Une contraction des crédits (-2,3 %),
- Une hausse très significative des charges opératoires (+11,9 %),
- Une explosion des charges générales (+19,2 %) et des frais du personnel (+9,2 %).
Cette dérive des coûts, dans un contexte de recul du PNB, pèse lourdement sur la performance globale et interroge sur la qualité du pilotage opérationnel.
La BH Bank semble enfermée dans une dynamique défavorable, caractérisée par une croissance molle, une rentabilité sous pression et une structure de coûts mal maîtrisée, la plaçant nettement en retrait par rapport à la BNA et même à la STB.
Conclusion : trois banques, trois trajectoires
Si la BNA demeure le leader par la taille, la STB s’impose comme la banque publique en transformation, affichant les signaux les plus encourageants en termes de redressement opérationnel et financier. Cette dynamique confère à la STB un rôle stratégique croissant dans le paysage bancaire tunisien, à la croisée de la consolidation financière et du soutien à l’économie réelle.
La lecture comparée des indicateurs à fin 2025 est sans ambiguïté :
- La BNA Bank s’affirme comme le leader incontestable des banques publiques, grâce à une croissance robuste, une rentabilité en amélioration et une discipline de gestion exemplaire.
- La STB avance sur une ligne de redressement et de transformation, avec des signaux encourageants mais encore insuffisants pour combler l’écart avec la BNA.
- La BH Bank, en revanche, accumule les signaux négatifs, appelant à une révision profonde de son modèle opérationnel et de sa gouvernance des coûts.
Dans un contexte économique exigeant, la capacité à conjuguer performance commerciale, maîtrise du risque et efficience opérationnelle devient déterminante. À ce jeu, la BNA a clairement pris une longueur d’avance.



