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Banques tunisiennes : quand les frais du personnel deviennent un révélateur de performance

UniversNews – Desormais, Univers News s’impose comme le média tunisien spécialisé dans les analyses approfondies et les radioscopies des indicateurs du secteur bancaire et financier (Banques, Assurances, Leasing et Intermédiaires en Bourse). Après avoir publié récemment une étude détaillée et inédite sur les résultats 2025 des banques tunisiennes, Univers News poursuit son travail d’investigation économique avec une nouvelle analyse consacrée cette fois aux frais du personnel et à leur impact direct sur la rentabilité des établissements bancaires.

À travers des décryptages réalisés par nos experts, Univers News s’est progressivement imposé comme une véritable référence dans l’analyse de l’écosystème bancaire tunisien, couvrant aussi bien les performances financières, les équilibres prudentiels, les stratégies de transformation digitale que les mutations du modèle bancaire.

Univers News remercie d’ailleurs ses lecteurs, ses partenaires et les professionnels du secteur bancaire et financier pour l’intérêt grandissant porté à la qualité de ses analyses, à la crédibilité de ses données et à la profondeur de ses radioscopies sectorielles, devenues une référence dans le paysage médiatique économique tunisien.

Si cette reconnaissance constitue une fierté pour le journal, elle soulève également la question du respect de la déontologie journalistique. Plusieurs contenus et analyses publiés par Univers News ont en effet été repris ou fortement inspirés par d’autres supports médiatiques sans citation de la source. Or, le minimum qu’exige l’éthique professionnelle et la déontologie journalistique est de citer la source initiale afin de rendre à Univers News la paternité du travail d’analyse et de recherche réalisé par ses experts financiers.

Mustapha Machat

Alors que les banques tunisiennes affichent globalement des résultats solides en 2025, un indicateur retient particulièrement l’attention des analystes : le poids des frais du personnel. Derrière les bénéfices record de certains établissements se cache une réalité stratégique majeure : la capacité des banques à maîtriser leurs charges salariales devient désormais un véritable facteur de compétitivité et de rentabilité.

Avec un Produit Net Bancaire (PNB) global de 8,3 Milliards de dinars et des frais du personnel atteignant 2,67 Milliards de dinars, le secteur bancaire tunisien consacre en moyenne 32 % de ses revenus à la masse salariale. Un niveau relativement maîtrisé à l’échelle régionale, mais qui masque d’importantes disparités entre banques.

Banques tunisiennes : quand les frais du personnel deviennent un révélateur de performance | Univers News
  • BIAT, BNA et Attijari concentrent plus du tiers des charges salariales du secteur

En valeur absolue, les plus grandes masses salariales restent logiquement concentrées dans les principaux groupes bancaires.

La BIAT supporte à elle seule 401 MDT de frais du personnel, soit 15 % du total sectoriel. Elle est suivie par :

  • BNA : 275 MDT ;
  • Attijari Bank Tunisie : 259 MDT ;
  • STB : 238 MDT ;
  • UIB et BH Bank : 207 MDT chacune.

À elles seules, BIAT, BNA et Attijari représentent plus de 35 % des charges de personnel du secteur bancaire tunisien.

Banques tunisiennes : quand les frais du personnel deviennent un révélateur de performance | Univers News
  • Les banques les plus performantes : rentabilité élevée et coûts maîtrisés

Certaines banques parviennent aujourd’hui à conjuguer croissance des revenus, forte rentabilité et discipline opérationnelle.

La Banque de Tunisie (BT) apparaît comme l’établissement le plus efficient du secteur avec un ratio Frais du personnel / PNB de seulement 22 %, le plus faible parmi les grandes banques tunisiennes. Ce niveau traduit une excellente productivité opérationnelle et une forte capacité à générer des revenus avec une structure de coûts optimisée.

La BIAT confirme également son statut de locomotive du secteur. Première banque tunisienne en termes de PNB avec 1 595 MDT et de bénéfice net avec 385 MDT, elle maintient un ratio FP/PNB limité à 25 %, malgré un réseau important et plus de 400 MDT de charges salariales.

La BNA réalise également une performance remarquable avec :

  • 1 087 MDT de PNB ;
  • 275 MDT de résultat net ;
  • Et un ratio FP/PNB de 25 %.

Amen Bank complète ce groupe des banques les plus performantes avec un ratio contenu à 29 % et un résultat net de 249 MDT représentant 14 % des bénéfices cumulés du secteur.

  1. Attijari, UIB et STB : des niveaux intermédiaires sous contrôle

Un second groupe de banques affiche des ratios proches ou légèrement supérieurs à la moyenne sectorielle.

Attijari Bank Tunisie présente un ratio de 37 %. Malgré un niveau de frais relativement élevé (259 MDT), la banque conserve une forte capacité bénéficiaire avec 232 MDT de résultat net, soit 13 % des profits du secteur.

La UIB affiche un ratio de 39 %, tandis que la STB atteint 34 %. Ces niveaux traduisent une pression plus importante des coûts opérationnels, notamment liée aux réseaux physiques et aux charges historiques.

BH Bank et Banque Zitouna se situent également dans cette catégorie avec des ratios respectifs de 30 % et 34 %.

  • Les ratios les plus élevés : des signaux de fragilité opérationnelle

À l’opposé, plusieurs établissements affichent des niveaux de charges salariales particulièrement lourds par rapport à leurs revenus, révélant des difficultés structurelles ou des tailles critiques insuffisantes.

QNB Tunisie enregistre le ratio FP/PNB le plus élevé du marché avec 66 %, suivie de :

  • BTE : 64 % ;
  • ATB : 49 % ;
  • Wifak Bank : 48 % ;
  • BTS Bank : 47 % ;
  • UBCI : 42 % ;
  • BTK Bank : 41 %.

Pour plusieurs de ces établissements, ces ratios élevés s’accompagnent de pertes ou d’une faible rentabilité. ATB affiche ainsi une perte nette de 31 MDT, tandis que QNB Tunisie et BTE enregistrent respectivement des pertes de 17 MDT et 10 MDT.

Ces chiffres montrent qu’une part importante des revenus est absorbée par les charges fixes, limitant fortement la capacité d’investissement et de développement.

  1. Amen Bank, illustration de la banque de demain

Dans cette nouvelle configuration du paysage bancaire tunisien, certaines institutions apparaissent déjà comme des modèles de transition vers la « banque de demain ». Amen Bank illustre particulièrement cette évolution en combinant rentabilité élevée, maîtrise des coûts et modernisation progressive de son modèle opérationnel. Avec un ratio FP/PNB limité à 29 %, inférieur à la moyenne sectorielle, et un résultat net de 249 MDT représentant 14 % des bénéfices cumulés du secteur, la banque démontre sa capacité à concilier efficacité opérationnelle et croissance durable. La montée en puissance des services digitaux, l’optimisation des processus internes et l’amélioration continue de la productivité commerciale positionnent désormais Amen Bank parmi les établissements les mieux préparés aux transformations futures du secteur bancaire tunisien, où l’agilité, l’innovation et la maîtrise des charges deviendront les principaux moteurs de compétitivité.

  • Une nouvelle bataille : la productivité bancaire

Au-delà des chiffres, cette photographie du secteur révèle une mutation profonde du modèle bancaire tunisien. La digitalisation accélérée, la montée des services à distance et l’automatisation des processus poussent désormais les banques à rechercher davantage de productivité.

Dans ce nouvel environnement, les établissements les plus performants ne sont plus seulement ceux qui disposent du plus grand réseau ou du plus grand bilan, mais ceux capables de transformer efficacement leurs ressources humaines en création de valeur.

Le ratio frais du personnel / PNB devient ainsi l’un des indicateurs clés de la future hiérarchie bancaire tunisienne.

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