Gros plan

Crise sans précédent de l’eau: pas « d’amour et d’eau fraîche »

Avec le début de la saison estivale, les alertes citoyennes concernant les problèmes d’eau ont atteint
un niveau sans précédent. Pour le seul mois de juin 2026, environ 423 signalements ont été
enregistrés sur la plateforme de l’Observatoire Tunisien de l’Eau (Watchwater.tn).

Parmi ces alertes, l’observatoire a recensé 374 interruptions et perturbations non annoncées dans la
distribution de l’eau potable à travers tout le pays. Les régions les plus touchées par cette crise sont
Sousse avec 43 signalements, suivie par Jendouba (42 signalements), Ben Arous (38 signalements).

L’intensité de la pénurie a provoqué une montée de la grogne sociale, se traduisant par 23
mouvements de protestation à travers le pays en juin 2026. Outre le manque d’eau, les citoyens
pointent du doigt la vétusté du réseau. À ce titre, 20 cas de fuites d’eau importantes ont été signalés,
témoignant d’un manque de maintenance préventive. Par ailleurs, 6 signalements concernaient la
mauvaise qualité de l’eau.

D’après l’observatoire, les chiffres du premier semestre confirment une aggravation constante de la
situation. Alors que les signalements oscillaient entre 201 et 317 entre janvier et avril, le pic de juin
(423) marque un tournant critique dû à la hausse des températures et de la demande saisonnière.

Les coupures imprévues constituent le problème majeur, représentant plus de 80 % des alertes
durant les six premiers mois de l’année.

Face à ce constat inquiétant, l’Observatoire Tunisien de l’Eau appelle les autorités et la SONEDE à
abandonner les solutions temporaires pour mettre en place des stratégies d’urgence pour sauver la
saison estivale et garantir une distribution équitable de l’eau pour tous les citoyens.
On dit que quand il n’y a plus rien, on se résout à vivre « d’amour et d’eau fraîche », avec cette crise,
ce n’est plus permis.

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