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Délestages de la STEG : Attention aux hôpitaux et aux foyers vulnérables !

Au cours de cette semaine et depuis le début des coupures répétées d’électricité, les citoyens sont exposés à des risques majeurs. Chaque jour apporte son lot d’incidents : malaises, pertes de connaissance, incapacité à travailler et, même, décès.

Alors que la STEG justifie ses délestages par la nécessité impérieuse de prévenir un black-out généralisé sur le territoire national, ce sont les citoyens tunisiens, et tout particulièrement les plus vulnérables qui en subissent les conséquences. Entamée officiellement ce dimanche, cette politique de coupures tournantes a déjà fait en l’espace d’une semaine, des victimes collatérales.

En l’apparence conçue pour protéger la population d’une panne massive, cette mesure d’urgence se révèle d’une lourdeur certaine les structures vitales comme les hôpitaux.  De surcroît, comme l’a d’ailleurs déclaré le PDG de la STEG, le débit d’approvisionnement en gaz venant de l’Algérie a fortement chuté.

Oui donc pour le délestage, mais d’ici la fin de la canicule (on table sur le 22 juillet), il faut aussi raisonner de manière ciblée. Parce que comme indiqué plus haut, les foyers e vulnérabilité à travers le pays ne manquent pas.

À Djerba, par exemple,  et dans la périphérie de Médenine, deux drames  sont venues endeuiller les familles. La première victime a succombé à son domicile, dans le secteur de Beni Maakel, tandis que la seconde a perdu la vie chez elle, aux abords de Médenine. Dans les deux cas, des coupures de courant soudaines ont entraîné l’arrêt brutal des appareils à oxygène dont ces patients dépendaient pour survivre.

Les malades en soins à domicile – utilisant ventilateurs, générateurs d’oxygène, appareils d’aspiration ou de dialyse – vivent dans une angoisse permanente. Les personnes âgées et les enfants, parmi les plus exposés, subissent de plein fouet cette crise, comme en témoigne la situation précaire au sein du village SOS des enfants.

Par ailleurs, la rupture de la chaîne du froid menace directement les traitements des patients atteints de cancer, dont les médicaments doivent être conservés à température régulée.

La détresse ne s’arrête pas aux foyers. À l’hôpital de Menzel Bourguiba, la situation des femmes ayant accouché est préoccupante. Contraintes de subir une chaleur accablante et des douleurs post-partum dans des conditions difficiles, elles ont vécu un calvaire. Cet incident révèle plus largement les conditions dans lesquelles se trouvent les hôpitaux publics, où les personnes les plus ont besoin d’être prises en charge.

Se sentant abandonnées par les autorités, plusieurs communautés sont descendues dans la rue pour exprimer leur ras-le-bol. Des protestations ont notamment eu lieu à la Manouba et à Menzel Bouzayène. 

À Nabeul, c’est l’angoisse et l’incertitude qui ont prévalu lorsque des citoyens sont restés bloqués dans un ascenseur, jusqu’à s’y s’évanouir, faute de courant pour actionner les secours.

Alors que le drame se joue au quotidien, le directeur général de la STEG a annoncé que les coupures se poursuivraient pendant les pics de forte consommation électrique, sans donner d’échéance claire. Pourtant, aucun secteur de la vie quotidienne n’est épargné. Les mariages, moments de joie par excellence, sont perturbés par ces interruptions intempestives.

Ajoutées à ces incidents, les coupures d’électricité entraînent mécaniquement des coupures d’eau, les pompes de distribution étant alimentées par le réseau électrique. Les foyers tunisiens se retrouvent ainsi privés des deux ressources les plus vitales.

Face à ce bilan humain, une question essentielle demeure suspendue dans l’esprit de chaque Tunisien : jusqu’à quand ?

Balkis Layouni

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