Grand Débat Universnews 2026 : Le capital humain, moteur de la nouvelle émergence tunisienne

Lors de l’édition 2026 du « Grand Débat » organisé par Universnews, Anissa Ben Hassine, professeure en gestion des ressources humaines
à l’ESSECT, a livré un diagnostic optimiste mais sans concession sur l’avenir économique de la Tunisie. Au cœur de son intervention :
la capacité du pays à devenir un véritable « Dragon » économique
en s’appuyant sur sa ressource la plus précieuse : ses compétences.
Un gisement de talents d’envergure mondiale Pour Mme Ben Hassine, la Tunisie dispose d’atouts compétitifs indéniables,
à commencer par un système d’éducation supérieure qui se classe parmi les meilleurs au monde. Elle a particulièrement mis en avant le rôle des femmes tunisiennes, dont le niveau de diplôme est l’un des plus élevés à l’échelle internationale. Au-delà des diplômes, c’est « l’esprit de débrouillardise » et une agilité linguistique remarquable — notamment une maîtrise précieuse de la langue française — qui forgent l’identité de la force de travail nationale.
Le défi de l’intelligence collective Cependant, avoir des talents ne suffit pas. Le nœud du problème, selon la panéliste, réside dans le passage de la compétence individuelle à une dynamique collective.
« Ce qui nous manque, c’est vraiment de transformer ces compétences un peu individuelles en collectif », a-t-elle martelé. Pour orchestrer cette mutation, la professeure appelle à un environnement qui soutient l’initiative plutôt que de l’entraver.
La débureaucratisation comme levier de croissance La solution ne réside pas forcément dans de vastes réformes structurelles complexes, mais dans des mesures de simplification concrètes et pragmatiques. Anissa Ben Hassine a plaidé pour une accélération de la digitalisation
et une « débureaucratisation » massive. Elle a cité en exemple la réussite de la dématérialisation du timbre de passeport, une mesure simple qui a considérablement facilité le quotidien des citoyens.
Dans la même optique, elle a évoqué des incitations fiscales ciblées, comme l’exonération sur les voitures électriques, comme leviers pour moderniser le pays. Ces facilitateurs administratifs et fiscaux sont, selon elle, essentiels pour permettre aux entreprises, aux start-ups et surtout aux jeunes talents de se projeter en Tunisie plutôt que de chercher des opportunités à l’étranger.
En somme, l’appel de l’ESSECT est clair : pour que le « Dragon » tunisien prenne son envol, l’État doit devenir le partenaire de ses talents en libérant les énergies par le digital et la simplification



