
Le Triomphe du Modèle M.A.C SA face à l’Impasse des Petits Opérateurs
UniversNews – Le marché financier tunisien à fin 2025 présente un paradoxe structurel frappant : une place étroite comptant à peine 80 sociétés cotées, mais encombrée par un nombre important d’intermédiaires agréés.
L’analyse purement technique et opérationnelle des états financiers révèle un marché à deux vitesses. D’un côté, le modèle intégré et ultra-efficient de M.A.C SA écrase la concurrence par sa rentabilité d’exploitation. De l’autre, une myriade de petits opérateurs « dormants » se partagent des miettes, survivant grâce à des coupes budgétaires drastiques au détriment de l’innovation et de la sécurité du marché.
- L’Hégémonie du Modèle M.A.C SA : Une Machine d’Efficience Opérationnelle
L’Indice d’Influence Boursière (IIB) 2025 place M.A.C SA comme le centre de gravité absolu du marché tunisien. L’analyse de son compte de résultat démontre la supériorité de son modèle économique, capable de transformer directement ses revenus techniques en marge bénéficiaire, contrairement à d’autres mastodontes comme Tunisie Valeurs qui affichent un déficit d’exploitation (-4,03 MD ) comblé par des revenus de placements.
- Une rentabilité d’exploitation inégalée : M.A.C SA dégage un résultat d’exploitation record de +9 459 117 D, le plus élevé de la place.
- La puissance de l’ingénierie financière : La société a su capter les opérations les plus lucratives, générant 12 743 558 D de revenus sur ce segment, dont un montant massif de 11 518 558 D en commissions de succès (success fees).
- Domination transversale des volumes : Avec 2,57 milliards de dinars de capitaux traités, M.A.C SA contrôle plus de 31 % des parts de marché sur la cote actions et domine le compartiment hors-cote à près de 60 %.
- Un pilier de gestion d’actifs robuste : L’intermédiaire sécurise ses flux récurrents avec 9 014 155 D de commissions OPCVM, tirés principalement par l’animation de Fidelity SICAV Plus (7,39 MD ) et Fidelity SICAV (667 m D).
- Un courtage omniprésent : La société génère 5 885 055 D de commissions nettes sur les transactions boursières, confirmant son rôle de teneur de marché incontournable.
- Radiographie de l’Exploitation par Ligne de Produits
Le marché de l’intermédiation est aujourd’hui cannibalisé par le duopole M.A.C SA / Tunisie Valeurs, laissant les structures secondaires loin derrière.
1. Courtage et Flux de Transactions
L’intermédiation pure est un marché de volume où la taille critique est vitale.
- Tunisie Valeurs (6 527 214 D) et M.A.C SA (5 885 055 D) s’accaparent l’écrasante majorité des flux institutionnels et de détail.
- Loin derrière, les petits opérateurs affichent des volumes de courtage anémiques : 232 350 D pour la CGI, 193 232 D pour BH Invest, et à peine 133 054 D pour UIB Finance.
2. Gestion d’OPCVM et d’Actifs
La gestion d’actifs requiert une infrastructure lourde que seuls les leaders peuvent rentabiliser.
- Tunisie Valeurs s’impose sur la distribution avec 8 292 001 D, tandis que M.A.C SA excelle dans la gestion avec plus de 9 MD .
- Les acteurs de petite taille peinent à exister : la CGI ne génère que 52 995 D sur ce segment, et BTK Conseil plafonne à 856 212 D via l’animation de sa propre SICAV.
- Classement 2025 des IB
L’intégration de l’ensemble des 13 intermédiaires en bourse ayant publié leurs états financiers, permet de dresser une cartographie exhaustive et rigoureuse du marché financier tunisien à fin 2025.
Cette lecture transversale, indispensable pour alimenter des analyses sectorielles pointues ou des notes de conjoncture économique, met en évidence la fracture entre les leaders systémiques, les filiales bancaires solides et les opérateurs de niche.
Voici le classement technique complet des 13 compagnies, structuré autour des indicateurs de bilan, de performance opérationnelle et d’influence marché.
- Classement par Taille et Assise Financière (Patrimoine)
Ce premier tableau évalue la capacité de l’intermédiaire à héberger les liquidités et à couvrir techniquement ses risques grâce à l’épaisseur de ses fonds propres.

- Classement par Volume d’Activité et Efficience (Exploitation)
Ce tableau met en stricte confrontation le chiffre d’affaires généré par les métiers de base (revenus d’exploitation) et la capacité à transformer ces revenus en marge opérationnelle positive.
| Rang | Intermédiaire en Bourse | Revenus d’Exploitation (MD) | Résultat d’Exploitation (MD) | Dynamique Industrielle |
| 1 | M.A.C SA | 29,5 | 9,5 | Efficience maximale |
| 2 | Tunisie Valeurs | 21,2 | -4,0 | Déficit industriel absorbé par les placements |
| 3 | BNA Capitaux | 5,8 | 0,3 | Forte activité mais marge opérationnelle serrée |
| 4 | UFI (Union Financière) | 4,6 | 2,4 | Modèle très efficient et maîtrisé |
| 5 | Amen Invest | 3,5 | 1,2 | Rentabilité de l’exploitation saine |
| 6 | Union Capital | 3,0 | 1,8 | Forte transformation du CA en marge post-fusion |
| 7 | Maxula Bourse | 2,8 | 0,2 | Équilibre opérationnel maintenu |
| 8 | BH Invest | 2,7 | -0,5 | Activité de base non rentable |
| 9 | SBT (Bourse de Tunisie) | 2,1 | 0,9 | Marge solide sur son échelle de revenus |
| 10 | BTK Conseil | 1,6 | 0,7 | Efficience confirmée sur des volumes moyens |
| 11 | Attijari Intermédiation | 1,3 | -0,7 | Exploitation lourdement déficitaire en 2025 |
| 12 | UIB Finance | 1,1 | 0,2 | Modèle de niche rentable |
| 13 | CGI | 0,5 | -0,1 | Tassement des revenus et perte industrielle |
- Classement par Rentabilité Financière Globale (Résultat Net)
Le résultat net intègre les produits des placements financiers, les gains/pertes ordinaires et l’impôt sur les sociétés, actant de la performance finale pour les actionnaires au 31 décembre 2025.

- Classement Stratégique : Indice d’Influence Boursière (IIB)
Cet indice, extrait du classement Univers News, évalue le poids réel des opérateurs sur l’écosystème du marché financier tunisien (liquidité, animation de la cote, hors-cote, transactions structurantes).
| Rang | Intermédiaire en Bourse | Score IIB 2025 | Analyse du Profil |
| 1 | M.A.C SA | 0,35 | Pôle de liquidité central, domination transversale |
| 2 | Tunisie Valeurs | 0,29 | Force institutionnelle et opérations déclaratives de masse |
| 3 | UIB Finance | 0,10 | Captation des grandes opérations et enregistrements hors-cote |
| 4 | BNA Capitaux | 0,06 | Bonne assise, particulièrement sur la dette |
| 5 | Amen Invest | 0,05 | Présence soutenue mais qui reste secondaire |
| 6 | SBT (Bourse de Tunisie) | 0,04 | Présence régulière et visible sur les compartiments actions |
| 7 | Union Capital | 0,03 | Rôle circonscrit principalement au hors-cote |
| 8 | Attijari Intermédiation | 0,03 | Modèle fragmenté, influence diluée sur l’année |
| 9 | Maxula Bourse | 0,03 | Influence ponctuelle liée à son activité de niche |
| 10 | CGI | 0,01 | Impact négligeable sur les volumes globaux |
| 11 | BTK Conseil | 0,00 | Activité de gestion déconnectée de l’animation de la cote |
| 12 | UFI (Union Financière) | 0,00 | Non-significatif sur les paramètres stricts de l’Indice d’Influence Boursière |
| 13 | BH Invest | 0,00 | Absence de dynamique structurante sur le marché |
- La Critique des Petits Opérateurs : Un Risque Systémique pour la Place
La base du classement met en exergue la fragilité chronique d’une vingtaine d’intermédiaires boursiers. Des acteurs comme la CGI, BTK Conseil, UIB Finance ou encore Maxula Bourse se partagent des volumes résiduels, mettant en péril la dynamique globale du marché financier.
Une rentabilité structurellement compromise La fragmentation des volumes empêche ces acteurs de dégager une marge financière suffisante pour couvrir leurs coûts fixes.
- La CGI affiche des revenus globaux dérisoires de 482 825 D et clôture l’année avec un résultat d’exploitation négatif de -63 341 D.
- Attijari Intermédiation, malgré son adossement bancaire, creuse ses pertes opérationnelles à -729 544 D.
- BH Invest accuse également un déficit d’exploitation de -527 557 D.
Le maintien artificiel d’opérateurs « dormants » Pour survivre à cette atonie commerciale, ces petites structures réduisent leur organisation au strict minimum. L’objectif n’est plus l’animation du marché, mais le simple maintien stratégique de leur agrément CMF en vue d’une éventuelle revente.
L’impasse de la digitalisation et le risque de conformité L’absence de rentabilité opérationnelle freine drastiquement la capacité de ces petits IB à investir dans des infrastructures modernes (plateformes de trading en ligne) ou à recruter des talents spécialisés. Pire encore, cette précarité fait peser un risque systémique sur la place tunisienne : à l’image du récent scandale de l’affaire TSI, la faiblesse des revenus peut pousser certains opérateurs inactifs vers des pratiques de gouvernance douteuses, au détriment de la transparence et de la protection des clients. L’analyse technique de l’exercice 2025 confirme qu’une consolidation du secteur est devenue impérative pour assainir la Bourse de Tunis, éliminer les acteurs fragiles, et encourager un modèle d’efficience opérationnelle similaire à celui bâti par M.A.C SA.



