
UniversNews (SEF) – Dans une initiative saluée par les professionnels du secteur, le Conseil du Marché Financier (CMF) vient de marquer un tournant majeur dans l’histoire du marché financier tunisien. En publiant, pour la première fois, les états financiers annuels ainsi que les principaux indicateurs d’activité des intermédiaires en bourse, le régulateur affirme avec force son engagement en faveur d’une transparence accrue et d’une meilleure discipline de marché.
Cette avancée, opérée fin avril 2026, constitue une véritable rupture culturelle. Désormais, investisseurs, analystes et grand public disposent d’une base homogène, fiable et facilement accessible pour évaluer la performance et le profil de risque des acteurs de l’intermédiation boursière.
Une première photographie du marché… riche d’enseignements
Les premières données publiées permettent déjà de tirer des enseignements structurants. À ce jour, 13 sociétés d’intermédiation ont publié leurs états financiers, offrant une visibilité inédite sur le secteur.

Plus marquant encore, cette transparence met en lumière une réalité de concentration : deux acteurs majeurs, MAC SA et Tunisie Valeurs, s’accaparent à eux seuls la majorité du marché. Une situation qui, si elle traduit leur solidité et leur leadership, soulève également des interrogations légitimes sur l’équilibre concurrentiel du secteur.
Vers une nécessaire réorganisation du marché ?
Cette nouvelle lisibilité change profondément la grille d’analyse. Là où l’opacité prévalait, les chiffres parlent désormais d’eux-mêmes. Et ils posent, avec acuité, la question de la réorganisation du marché de l’intermédiation en bourse en Tunisie.

Faut-il encourager une consolidation du secteur ? Stimuler l’émergence de nouveaux acteurs ? Repenser les règles de concurrence et les exigences prudentielles ? Autant de pistes qui s’invitent désormais dans le débat, à la lumière de données objectives.
Un levier puissant pour la confiance et la gouvernance
Au-delà de ces enjeux, l’initiative du CMF reste une avancée majeure. En renforçant la transparence, le régulateur consolide la confiance des investisseurs, améliore la gouvernance des intermédiaires et protège davantage les épargnants.
Elle rapproche également la Tunisie des standards internationaux, en envoyant un signal fort aux investisseurs étrangers quant à la qualité de son cadre réglementaire.

Un régulateur en éclaireur
Avec cette initiative inédite, le Conseil du Marché Financier confirme son rôle de catalyseur des transformations du marché. En révélant la structure réelle du secteur, il ne se contente pas d’informer : il ouvre la voie à une réflexion stratégique de fond.
Une chose est sûre : la transparence n’est plus seulement un principe — elle devient un outil de transformation. Et le marché tunisien, désormais mis à nu, est appelé à se réinventer.



