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Mondial américain : quand le football cesse de cacher ses affinités avec le pouvoir !

UniversNews – La Coupe du monde organisée aux États-Unis remet au premier plan une question aussi ancienne que le football moderne lui-même : le sport roi est-il réellement indépendant du pouvoir politique ?

Les images du président de la FIFA, Gianni Infantino, multipliant les apparitions aux côtés du président américain Donald Trump ont ravivé un débat que l’institution zurichoise a toujours tenté de contenir derrière le slogan de la neutralité sportive. Pourtant, l’histoire de la Coupe du monde démontre que cette neutralité relève davantage du mythe que de la réalité.

Depuis sa création en 1930, le Mondial a toujours été traversé par des enjeux qui dépassent largement les limites du terrain. Son initiateur, le Français Jules Rimet, concevait déjà la compétition comme un instrument d’influence internationale. L’attribution de la première édition à l’Uruguay répondait certes à des critères sportifs, mais également à des considérations diplomatiques, économiques et symboliques. Dès l’origine, le football mondial s’est construit au croisement du sport, du prestige national et des rapports de force internationaux.

L’édition italienne de 1934 demeure l’un des exemples les plus emblématiques de cette instrumentalisation. Le régime fasciste de Benito Mussolini transforma alors la compétition en vitrine politique. Depuis lors, chaque Coupe du monde a porté l’empreinte du contexte géopolitique de son époque.

Le cas du Qatar, désigné hôte du Mondial 2022, a constitué un nouveau tournant. Les soupçons de corruption qui ont entouré l’attribution de cette édition ont durablement entaché la crédibilité de la FIFA. Au-delà des enquêtes judiciaires et des scandales qui ont éclaté au grand jour, cette séquence a mis en lumière les luttes d’influence qui se jouent en coulisses autour de la gouvernance du football mondial.

L’offensive menée par la justice américaine contre plusieurs responsables de la FIFA en 2015 a marqué un changement d’époque. Officiellement motivée par la lutte contre la corruption, elle a également été perçue par certains observateurs comme une démonstration de puissance permettant à Washington de peser davantage sur une institution longtemps considérée comme autonome vis-à-vis des grands centres de pouvoir internationaux.

La chute de Sepp Blatter et l’arrivée de Gianni Infantino à la tête de la FIFA ont ouvert un nouveau chapitre. Une décennie plus tard, les liens particulièrement étroits entretenus par le président de la FIFA avec l’administration américaine alimentent les interrogations. L’installation d’une présence institutionnelle renforcée de la FIFA à Miami, les déclarations répétées d’Infantino saluant sa « relation exceptionnelle » avec Donald Trump et la place grandissante accordée aux intérêts commerciaux américains nourrissent l’impression d’un déplacement progressif du centre de gravité du football mondial.

Car derrière les discours sur l’universalité du sport, une réalité s’impose : la FIFA est devenue une puissance économique mondiale dont les revenus se chiffrent en milliards de dollars. Dans cet univers, la politique n’est jamais très loin de l’argent, et l’argent n’est jamais très loin de la politique.

Le Mondial américain n’a donc pas créé cette confusion des genres. Il l’a simplement rendue plus visible. En exposant au grand jour la proximité entre les dirigeants du football mondial et les responsables politiques de la première puissance de la planète, il rappelle une vérité souvent occultée : la Coupe du monde n’est pas seulement une compétition sportive. Elle est aussi un terrain où se jouent des rapports d’influence, des intérêts économiques et des stratégies de pouvoir.

Le football continue de faire rêver des milliards de supporters. Mais à mesure que grandissent ses enjeux financiers et géopolitiques, il devient de plus en plus difficile de soutenir que la politique est restée à la porte des stades.

Mustapha Machat

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