
UniversNews (SEF) – Un baril proche de 108 dollars frappe la Tunisie par trois canaux à la fois : la compensation, le dollar et les taux d’intérêt.
Les marchés: La flambée du Brent, liée aux tensions autour du détroit d’Ormuz, ravive la crainte d’un trio pétrole cher, inflation et taux élevés. Les rendements obligataires montent partout : 5,22 % pour le dix ans américain, 5,41 % pour le britannique, et un niveau inédit depuis 1995 pour le deux ans japonais. Le choc énergétique peut devenir un choc monétaire.
Le budget: La Loi de finances 2026 repose sur un Brent à 63,3 dollars et prévoit 4,993 milliards de dinars de compensation des hydrocarbures. Chaque dollar de plus coûte environ 164 MDT, et chaque hausse de 10 millimes du dollar ajoute 43 MDT. À 108 dollars, la simulation mécanique donne près de 7,3 milliards de dinars supplémentaires, soit plus que l’enveloppe prévue. Il s’agit d’un ordre de grandeur, pas d’une prévision. Le consommateur voit un prix administré à la pompe ; l’État paie le prix mondial : environ 504 millimes de subvention par litre d’essence, 649 pour le gasoil, et plus de 20 dinars par bouteille de gaz.
La dette: La LF 2026 prévoit 23 milliards de service de la dette, dont 7,2 milliards d’intérêts. La dette intérieure représente 64 % de l’encours. Un point de taux supplémentaire sur 10 milliards empruntés coûte environ 100 MDT par an.
Conclusion. Quand le baril, le dollar et les taux montent ensemble, la compensation tend à devenir une dépense structurelle et la dette devient plus chère. L’espace budgétaire se réduit d’autant. Le baril monte à Ormuz ; la facture descend jusqu’à Tunis.



