
- Besoin urgent de diversifier les sources du financement du budget pour ne pas alourdir davantage les charges des contribuables
- Une croissance économique inférieure au seuil de 4 % demeure insuffisante pour réduire le chômage ou absorber les diplômés
- S’assurer de la faisabilité concrète de ces données, en raison de l’absence de statistiques claires relatives à la performance économique durant l’année 2026
UniversNews (ECO) – Maher Gtari, président de la Commission des finances et du budget à l’Assemblée des représentants du peuple, n’est pas allé de mainmorte contre le projet de loi de finances 2027 qui semble boiteux, avec des trompe-l’œil et des promesses en l’air dont la réalisation est impossible. Il a souligné que les recettes fiscales représentent environ 91,4 % du total des revenus du budget de l’État pour l’année 2027. Ce chiffre met en évidence un besoin urgent de diversifier les sources de financement, particulièrement dans un contexte marqué par des difficultés financières et par le recul de la contribution des entreprises et établissements publics — des entités dont la réforme est indispensable pour leur permettre de jouer à nouveau leur rôle de soutien au budget.
Dans une déclaration aux médias, il a précisé que le projet de loi de finances pour l’année prochaine fixe le nombre total d’agents autorisés au sein des ministères et des diverses structures publiques rattachées à 692.702. Il a également évoqué les annonces de la ministre des Finances, Mechket Salama Khaldi, concernant la programmation de plus de 32.000 recrutements et régularisations de situations administratives pour 2027, confirmant que ces mesures sont bien intégrées dans le projet de loi en question.
Appel à stimuler l’investissement et l’emploi
Sur le plan du développement, Gtari a souligné qu’une croissance économique inférieure au seuil de 4 % demeure insuffisante pour réduire le chômage ou absorber les diplômés de l’enseignement supérieur et ceux issus de la formation professionnelle. Il a affirmé que le règlement de la crise de l’emploi exige de stimuler l’investissement et de soutenir les entreprises productives afin qu’elles puissent étendre leurs activités et créer de la richesse.
Par ailleurs, il a fait remarquer que le projet de loi de finances pour 2027 met davantage l’accent sur le volet économique et le soutien aux entreprises, contrairement à l’orientation sociale qui caractérisait la loi de 2026. Il a également souligné l’importance des mécanismes destinés au financement des étudiants et des jeunes entrepreneurs, considérant ces dispositifs comme un pilier essentiel pour encourager l’initiative privée et instaurer une culture de l’entrepreneuriat, plutôt que de se limiter à attendre des recrutements dans la fonction publique.
Absence de données fiables pour les réalisations
Maher Kettari, a souligné la nécessité d’approfondir l’examen des hypothèses économiques et de développement, adoptées dans l’élaboration du Budget Economique pour l’exercice 2027. Il a appelé, à ce propos, à s’assurer de la faisabilité concrète de ces données, surtout en raison de l’absence de statistiques claires relatives à la performance économique durant l’année 2026.
Il a affirmé que « Nous ne disposons aujourd’hui d’aucun chiffre relatif à l’exercice 2026 pour pouvoir aborder l’année 2027 », réitérant l’impératif de se référer à des indicateurs précis et actualisés, permettant d’évaluer les résultats économiques, avant de définir les orientations et les prévisions pour l’année à venir. D’après lui, il est indispensable d’évaluer les progrès réalisés par rapport aux objectifs fixés et de définir toute éventuelle divergence entre les estimations initiales et les résultats enregistrés.
Améliorer le climat des affaires et regagner la confiance des investisseurs
Le président de la Commission des finances et du budget s’est interrogé sur la possibilité de parvenir à concrétiser ces hypothèses de croissance et d’investissement, soulignant l’importance d’évaluer la contribution de l’investissement privé et étranger à la dynamisation de l’activité économique, à l’élargissement du tissu productif, ainsi qu’à la création de richesse et de nouveaux postes d’emploi. Il a insisté, ainsi, sur la nécessité de mobiliser les mécanismes adéquats pour améliorer le climat des affaires, afin de regagner la confiance des investisseurs privés et étrangers dans l’environnement économique. Par ailleurs, il a évoqué les défis liés à l’amélioration des équilibres extérieurs, notamment la maitrise du déficit commercial, ainsi qu’à la lutte contre le chômage, à la relance économique… soulignant l’importance d’évaluer la mise en œuvre des programmes de développement et d’identifier les difficultés susceptibles d’entraver la réalisation des résultats escomptés. (F.S.)



