
L’ajustement consiste en un changement du modèle financier et non pas en une interdiction catégorique d’importer
UniversNews – La Banque Centrale de Tunisie, par la voix de Raoudha Boukadida, Directrice générale des opérations de change, a récemment apporté des éclaircissements sur le durcissement des conditions de financement des importations. Cette mesure, loin d’être inédite, s’appuie sur le succès d’une stratégie similaire adoptée en 2017 et 2018, laquelle avait permis de freiner drastiquement la croissance des importations non essentielles, les faisant chuter de 20 % à seulement 6 %.
Aujourd’hui, cette décision s’inscrit dans une volonté nationale de rationaliser les dépenses face à un déficit commercial alarmant, qui a franchi la barre des 21 milliards de dinars en 2025, menaçant directement les réserves de change du pays.
Selon Boukadida, l’ajustement ne consiste pas en une interdiction pure et simple d’importer, mais impose un changement de modèle financier : Les banques sont désormais appelées à cesser le financement de certains biens de consommation jugés non prioritaires, obligeant les opérateurs à mobiliser leurs propres fonds pour ces transactions.
Cette manœuvre vise à assainir le marché en réorientant les capacités de crédit bancaire vers les secteurs productifs et l’investissement, tout en offrant un bouclier protecteur aux produits fabriqués localement. Il est toutefois précisé que ce dispositif est évolutif : il pourra être réévalué ou levé en fonction de l’amélioration des indicateurs macroéconomiques du pays.
Afin de garantir la stabilité sociale et industrielle, la Banque Centrale assure que les produits stratégiques, tels que les médicaments et le blé, demeurent totalement préservés et leur financement garanti.
De même, des dérogations strictes sont maintenues pour l’importation de matières premières nécessaires à la production nationale pour ne pas paralyser le cycle économique. Si l’institution reconnaît des risques potentiels, notamment pour les PME ou le développement d’un marché parallèle, elle mise sur un renforcement des contrôles douaniers et fiscaux pour encadrer cette transition et protéger l’économie nationale dans un contexte de crises mondiales persistantes.
KS



