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Rapports de force en mutation… toujours pour un centre de pouvoir unique!!!

Par Elyes Kasri

UniversNews (TRIBUNE) – Ceux qui appellent de leurs vœux l’émergence d’un nouvel ordre mondial s’attendent, dans leur majorité, à l’avènement d’un monde plus rationnel, plus juste et plus équitable comme si la nature des relations internationales allait prendre une dimension éthique et carrément utopique.

L’histoire de l’humanité et des relations entre les nations et les empires montre pourtant qu’à chaque rapport de forces succède un autre rapport de forces avec un nouveau centre et sa périphérie et une configuration satellitaire de structures socio-politiques conformément à la volonté de projection de pouvoir du nouveau centre.

Par ailleurs, l’histoire des révolutions et des nations a montré que toute multiplicité des centres sous forme de direction collégiale ou triumvirat ou concert des nations finit toujours et selon un déterminisme quasiment naturel et physique par consacrer le règne d’un seul et unique centre de pouvoir et de domination.

Les modes opératoires de constitution des entités à la périphérie devront se réorganiser territorialement et politiquement passivement ou activement afin de s’adapter aux normes et règles du nouveau centre et assurer leur survie dans cette nouvelle hiérarchie du pouvoir et nomenclature de coexistence entre individus et groupements humains définis territorialement ou ethniquement ou selon un mode utilitaire déterminé par le nouveau centre.

Pour sa part, si elle appelle de ses vœux un nouvel ordre mondial, la Tunisie devra se préparer à ses bouleversements tant à l’intérieur qu’à ses frontières surtout qu’elle se trouve entourée par deux entités instables et hégémonistes, créations coloniales d’un ordre mondial en pleins crépuscule et déliquescence.

Quel sera l’avenir des peuples aux frontières de la Tunisie qu’il faudra du reste actualiser et rectifier à la faveur de ce nouvel ordre mondial et quelles seront les structures politiques qui émergeront à ses frontières après la correction historique de l’héritage ou plutôt des séquelles et injustices coloniales des XIXème et XXème siècles, tel est le principal défi géostratégique auquel sera confrontée la Tunisie héritière de Carthage et victime collatérale d’un ordre mondial en fin de légitimité et de parcours.

E.K.

Ancien ambassadeur

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