
L’hypertension artérielle est une pression du sang trop élevée dans les artères, souvent silencieuse, mais elle peut provoquer à long terme des maladies cardiaques, rénales ou des troubles de la vue. Elle est l’un des premiers risques de maladies cardiovasculaires. Quels sont les effets des fortes chaleurs sur la pression artérielle ? En cas de forte chaleur, la tension tend à baisser (vasodilatation, déshydratation), ce qui peut être risqué pour les personnes sous traitement antihypertenseur. La chaleur peut entraîner une vasodilatation des vaisseaux dans le but de faciliter la circulation du sang vers la peau et évacuer la chaleur. Cette dilatation peut engendrer une baisse de la pression sur les parois artérielles et donc une baisse de la tension
Dr Faouzi Addad, cardiologue , estime qu’il existe une tension artérielle d’été et une tension artérielle d’hiver. « Durant les périodes de fortes chaleurs, la pression artérielle a naturellement tendance à diminuer. Cette baisse s’explique principalement par la vasodilatation des vaisseaux sanguins, mais également par les pertes en eau et en sel liées à une transpiration importante. Les études montrent que la pression artérielle baisse en moyenne de 3 à 5 mmHg chez la population générale et de 8 à 10 mmHg chez les personnes hypertendues, soit l’équivalent de l’effet d’un médicament antihypertenseur. Cette diminution peut être encore plus marquée chez les personnes âgées, les patients fragiles ou ceux recevant plusieurs traitements antihypertenseurs, en particulier un diurétique. Elle peut alors provoquer des vertiges, malaises, chutes, voire une perte de connaissance.
Que faire lorsqu’il fait très chaud ?
S’il existe bien des liens entre hypertension artérielle et chaleur, cette dernière a tendance à faire indirectement baisser la tension artérielle et non à la faire monter. Dr Addad appelle à mesurer régulièrement sa tension artérielle à domicile, en position couchée puis debout, afin de rechercher une chute de plus de 20 mmHg (hypotension orthostatique), bien s’hydrater en buvant au moins 1,5 à 2 litres d’eau par jour, sauf contre-indication médicale (notamment en cas d’insuffisance cardiaque ou rénale où les consignes d’hydratation doivent être individualisées), éviter les expositions prolongées au soleil et les efforts physiques aux heures les plus chaudes porter des vêtements amples et légers et se rafraîchir régulièrement et éviter l’alcool, qui favorise la déshydratation. Avec moins de sang qui circule, la pression exercée sur les parois des artères et des veines diminue, ce qui peut provoquer une hypotension. C’est d’ailleurs ce qui explique les malaises et vertiges fréquents en cas de coup de chaud ou de canicule. La canicule a donc plutôt tendance à faire baisser la tension artérielle, ce qui peut être une bonne chose pour les personnes légèrement hypertendues et sans traitement médicamenteux, mais qui peut poser problème pour celles sous traitement.
Selon Dr. Addad, « Une pression artérielle inférieure à 110 mmHg (11/7), surtout si elle s’accompagne de symptômes (fatigue importante, vertiges, malaises), doit conduire à prendre contact avec son médecin traitant afin de vérifier si une adaptation du traitement est nécessaire. » tout en précisant qu’il ne faut jamais modifier et arrêter jamais le traitement antihypertenseur sans avis médical. Les personnes hypertendues et sous traitements antihypertenseurs doivent donc être particulièrement vigilantes en période de canicule, pour ne pas souffrir de chute de tension importante. Le patient hypertendu doit en revanche être particulièrement vigilant et adopter des gestes de bons sens en période de canicule. Il ne doit pas sortir aux heures les plus chaudes, éviter les activités sportives intenses, porter des vêtements amples, se protéger du soleil, se rafraîchir régulièrement (brumisateur, humidifier un vêtement) et surveiller sa tension dès que possible à l’aide d’un tensiomètre personnel ou dans une pharmacie » détaille le cardiologue. Cette baisse de la tension artérielle en été est un phénomène physiologique, mais elle peut devenir problématique chez les patients traités ou fragiles. Durant les épisodes de forte chaleur, l’automesure tensionnelle régulière et un échange précoce avec le médecin traitant sont indispensables. Les décès liés à la chaleur pourraient doubler d’ici à 2050. Une bonne gestion de la tension devient donc primordiale. L’installation d’un ventilateur n’est plus seulement une question de confort, mais un moyen pour vous de préserver notre cœur. À la prochaine alerte canicule, il faudrait penser à garder votre tensiomètre à portée de main et rester dans un endroit frais et ombragé. En surveillant régulièrement sa tension, on pourra éviter les surprises dues à une hausse ou une baisse soudaine.
Mohamed Salim



