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Société Générale – UIB : le nouveau plan de Slawomir Krupa pourrait rebattre les cartes

Le départ de Kamel Néji marque incontestablement la fin d’un cycle.

Tunis – Univers News.: Il y a deux ans, la question paraissait presque tranchée : Société Générale allait-elle quitter la Tunisie ? Le marché attendait un repreneur, les noms circulaient, les scénarios se succédaient et la cession du bloc majoritaire de 52,34 % dans l’UIB semblait n’être plus qu’une affaire de temps.

Deux ans plus tard, le scénario a changé.

Société Générale est toujours là.

Et c’est précisément ce qui rend aujourd’hui le dossier beaucoup plus intéressant.

Car après avoir profondément réduit son exposition à plusieurs marchés africains et engagé une vaste politique de recentrage, le groupe français doit désormais expliquer ce qu’il entend faire des actifs qu’il a choisi de conserver.

L’UIB en fait partie.

Le rendez-vous du 21 septembre prochain, au cours duquel Slawomir Krupa doit présenter la nouvelle feuille de route de Société Générale pour les trois prochaines années, sera donc particulièrement scruté.

Non pas seulement pour savoir ce que Société Générale veut faire en Afrique, mais surtout pour comprendre pourquoi elle resterait en Tunisie et quelles ambitions elle nourrit encore pour l’UIB.

Et sur ce dossier, Univers News n’a pas attendu 2026 pour poser les questions.

  • Univers News avait déjà posé les questions

Il n’est pas inutile de revenir sur le feuilleton UIB tel que notre journal l’a suivi au fil des années.

Dès novembre 2023, Univers News s’était intéressé au rappel à l’ordre du Conseil du Marché Financier concernant les informations relatives au projet de cession de la participation de Société Générale dans l’UIB.

Société Générale – UIB : le nouveau plan de Slawomir Krupa pourrait rebattre les cartes | Univers News

Le marché demandait alors davantage de visibilité : où en était réellement le processus ? Quel était son calendrier ? Quel profil d’acquéreur était recherché ? Et surtout, quelle serait la suite pour la banque tunisienne ?

Quelques mois plus tard, en août 2024, Univers News titrait :

« Société Générale (UIB) : dernière ligne droite pour le retrait de Tunisie »

À l’époque, tout semblait converger vers un désengagement du groupe français.

Puis, en décembre 2024, notre journal revenait à la charge avec une enquête exclusive :

« Société Générale quitte la Tunisie… Quels prétendants pour le rachat de l’UIB ? »

Plusieurs noms avaient alors circulé autour du bloc de contrôle de 52,34 %.

Le marché était dans l’attente.

Les prétendants étaient évoqués.

Le retrait semblait programmé.

Mais la dernière ligne droite s’est transformée en long détour.

Car au bout du compte, Société Générale n’a pas vendu l’UIB.

  • Quand le scénario annoncé ne se réalise pas

Cette séquence mérite d’être rappelée parce qu’elle illustre une réalité souvent oubliée dans les opérations de marché : entre une intention stratégique, une opération annoncée et une transaction effectivement réalisée, il existe parfois un monde.

Et dans le cas de l’UIB, ce monde aura été particulièrement long.

La question qui se posait hier était :

« Qui va racheter l’UIB ? »

Elle est aujourd’hui devenue :

« Pourquoi Société Générale a-t-elle finalement choisi de rester ? »

Le changement n’est pas anodin.

Car Société Générale n’est pas restée dans une période où le groupe cherchait à étendre son empreinte internationale. Elle a, au contraire, engagé une importante réorganisation de son portefeuille, avec plusieurs cessions et un recentrage sur les activités et marchés considérés comme les plus pertinents.

  • Conserver l’UIB dans ce contexte mérite donc une explication stratégique.

Est-ce une décision de long terme ?

Un choix lié à la rentabilité ?

Une volonté de préserver une présence en Tunisie ?

Un potentiel de développement régional ?

Ou simplement le constat qu’une cession n’offrait pas, à ce stade, les conditions recherchées ?

Le 21 septembre pourrait permettre d’y voir plus clair.

  • Mais l’autre dossier que nous avions soulevé : la gouvernance

Le dossier UIB ne se résume toutefois pas à l’actionnariat.

Et c’est probablement là que notre regard doit aujourd’hui être le plus critique.

Univers News avait déjà consacré plusieurs articles aux questions de gouvernance de l’UIB, jusqu’à titrer récemment :

« UIB : quand la gouvernance déraille et que les équilibres explosent »

Ce titre ne relevait pas d’un simple effet rédactionnel.

Il traduisait une interrogation de fond : comment une banque contrôlée majoritairement par un grand groupe international peut-elle maintenir des équilibres de gouvernance suffisamment lisibles, efficaces et conformes aux meilleures pratiques ?

La question est d’autant plus importante que la gouvernance bancaire ne peut être réduite à la seule composition d’un Conseil d’administration.

Elle concerne aussi :

  • La séparation effective des pouvoirs ;
  • La clarté des responsabilités ;
  • L’équilibre entre Conseil et direction générale ;
  • La transparence vis-à-vis du marché ;
  • La stabilité du management ;
  • La capacité du Conseil à exercer réellement sa mission de contrôle ;
  • Et, surtout, la cohérence entre la gouvernance affichée et la gouvernance réellement exercée.

C’est précisément sur ce terrain que les années écoulées appellent davantage de questions que de certitudes.

  • La fin d’une longue séquence Néji

Le départ de Kamel Néji, après une très longue présence au sein de la gouvernance de l’UIB, marque incontestablement la fin d’un cycle.

Mais une fin de cycle ne signifie pas automatiquement une rupture.

Elle pose au contraire une question essentielle :

Qu’est-ce qui change réellement lorsque les hommes changent ?

Car une gouvernance moderne ne peut pas reposer durablement sur des personnalités, aussi expérimentées soient-elles.

Elle doit reposer sur des règles, des responsabilités clairement définies, des contre-pouvoirs et une véritable culture de reddition des comptes.

C’est précisément pourquoi le changement intervenu à la tête de l’UIB mérite d’être observé autrement que sous l’angle des personnes.

Depuis le 1er avril 2026, Pierre Le Run exerce les fonctions de directeur général de la banque, en remplacement de Philippe Dubois.

Cette nouvelle direction arrive dans un contexte particulier : un actionnaire majoritaire qui a finalement renoncé à la cession, une nouvelle stratégie attendue à Paris et une gouvernance qui doit désormais démontrer sa capacité à fonctionner avec davantage de lisibilité.

Le véritable test ne sera donc pas le changement de nom à la tête de la banque. Il sera dans la capacité du nouveau dispositif à produire une gouvernance plus claire, plus cohérente et plus responsabilisée.

  • Société Générale reste : mais pour quoi faire ?

C’est probablement la question centrale.

Car conserver 52,34 % d’une banque n’a de sens stratégique que si l’actionnaire sait ce qu’il veut en faire.

Or, depuis l’arrivée de Slawomir Krupa, Société Générale a considérablement transformé son périmètre.

Le groupe a vendu, rationalisé, réduit ses coûts et recentré ses activités.

Une première phase était donc clairement consacrée au nettoyage du portefeuille et à l’amélioration de l’efficacité.

Mais cette stratégie ne peut pas constituer éternellement un projet de croissance.

À un moment donné, le groupe doit répondre à une autre question :

Après les cessions, où veut-il investir ?

Et c’est là que le prochain plan stratégique devient particulièrement important pour l’Afrique.

  • L’Afrique ne peut plus être regardée comme un simple portefeuille de participations

Le désengagement de Société Générale de plusieurs marchés africains a profondément modifié la carte bancaire du continent.

La Tunisie, elle, reste dans le périmètre.

Mais rester n’est pas nécessairement synonyme d’ambition.

Une participation peut être conservée pour plusieurs raisons : rentabilité, valeur patrimoniale, difficultés de cession, positionnement stratégique ou potentiel futur.

La vraie question est donc de savoir dans quelle catégorie Société Générale place aujourd’hui l’UIB.

Une banque à maintenir ?

Une banque à optimiser ?

Une banque à restructurer ?

Ou une banque susceptible de redevenir une véritable plateforme de développement ?

Le 21 septembre, les observateurs chercheront moins les effets d’annonce que les réponses à cette question.

  • L’UIB face à un nouveau test

Pour l’UIB, le contexte est particulier.

La banque ne bénéficie plus de l’incertitude liée à un éventuel changement d’actionnaire.

Mais cette incertitude est remplacée par une autre, plus exigeante :

Quelles performances Société Générale attend-elle désormais de sa filiale tunisienne ?

Croissance des revenus ?

Amélioration de la rentabilité ?

Réduction du coefficient d’exploitation ?

Digitalisation ?

Développement de la clientèle entreprises ?

Financement du commerce extérieur ?

Accompagnement des entreprises tunisiennes en Afrique ?

Meilleure utilisation des fonds propres ?

Les réponses à ces questions permettront de mesurer la véritable ambition du groupe.

Car le maintien de l’actionnariat majoritaire ne constitue pas, en lui-même, une stratégie.

  • Et si l’UIB était finalement restée par défaut ?

C’est une hypothèse que le marché ne peut totalement écarter.

Après une opération de cession annoncée, plusieurs scénarios peuvent conduire à son abandon : prix, valorisation, profil des acquéreurs, environnement réglementaire, conditions de marché ou arbitrage stratégique.

Dans ce cas, le maintien de Société Générale ne signifierait pas nécessairement que l’UIB est redevenue une priorité stratégique.

Il pourrait simplement signifier que le moment de vendre n’était pas le bon.

C’est précisément pour cette raison que les prochaines annonces de Slawomir Krupa seront importantes.

Elles permettront de distinguer un maintien stratégique d’un simple maintien patrimonial.

La différence est considérable.

  • Le 21 septembre, il faudra regarder les actes plus que les discours

Le marché écoutera les objectifs financiers.

Il regardera les perspectives de rentabilité.

Il analysera les objectifs de coûts.

Mais pour l’Afrique et la Tunisie, le plus intéressant sera ailleurs.

Quels marchés Société Générale considère-t-elle encore comme stratégiques ?

Quels marchés bénéficieront de nouveaux investissements ?

Quelle place pour les filiales africaines conservées ?

Et surtout, quelle place pour la Tunisie ?

Car après avoir réduit son portefeuille africain, chaque filiale conservée acquiert mécaniquement davantage d’importance dans la nouvelle architecture du groupe.

L’UIB n’échappera pas à cette logique.

  • Univers News : hier « qui rachètera l’UIB ? », aujourd’hui « que va-t-on en faire ? »

Depuis 2023, Univers News a suivi les principales étapes de ce dossier : les interrogations du CMF, le projet de cession, la « dernière ligne droite », les prétendants au rachat, puis les questions relatives à la gouvernance.

Le scénario a finalement changé.

Société Générale n’a pas quitté la Tunisie.

Mais cette décision ne clôt pas le dossier UIB.

Elle ouvre au contraire une nouvelle série de questions.

Car désormais, le sujet n’est plus le futur propriétaire de l’UIB.

Il est la stratégie de son propriétaire actuel.

Et derrière cette stratégie se trouve une interrogation encore plus importante :

Société Générale veut-elle simplement conserver l’UIB… ou veut-elle véritablement la développer ?

La réponse ne se trouvera pas uniquement dans les présentations financières.

Elle se trouvera dans les arbitrages, les investissements, le management et surtout dans la gouvernance.

Car après les années de flottement autour de l’actionnariat, l’UIB n’a plus vraiment droit à l’ambiguïté.

Le 21 septembre, Slawomir Krupa pourrait donc rebattre les cartes.

Pas forcément en annonçant une opération sur l’UIB.

Mais en indiquant, enfin, ce que Société Générale compte réellement faire de l’actif tunisien qu’elle a finalement choisi de ne pas vendre.

Et cette fois, le marché attendra moins des intentions que des preuves.

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