
UniversNews (NAT) – Le paysage éducatif tunisien a récemment été secoué par une vive polémique suite à une déclaration de l’Organisation tunisienne pour les enfants de la Méditerranée. Cette déclaration dénonçait des pratiques éducatives jugées préoccupantes au sein de certains établissements étrangers, notamment français. Elle a suscité un débat passionné parmi les différents acteurs du secteur éducatif : certains y voient une véritable menace pour les valeurs éducatives, tandis que d’autres réclament une vérification et une approche objective de la question.
La polémique fait suite à un incident survenu lors de la présentation d’un ouvrage en français intitulé « Violence et Lumière » à des élèves de sixième d’un collège français de Sfax. Selon un communiqué de l’association, le texte véhicule des idées jugées sensibles et alarmantes, et est accusé de promouvoir des concepts tels que l’athéisme, l’homosexualité et le manque de respect envers les parents en présentant ces comportements comme des expressions d’«héroïsme» ou de «lumières». L’association soutient qu’un tel contenu est incompatible avec les spécificités de la société tunisienne et les valeurs qui devraient être inculquées à la jeunesse.
Les critiques ne se sont pas limitées à cet incident précis ; l’organisation a étendu ses observations à l’état des écoles françaises en Tunisie en général. Elle a affirmé que cet incident révélait des faiblesses dans les mécanismes de contrôle administratif et pédagogique de ces établissements, notant que, dans certains cas, ils s’apparentaient davantage à des entreprises commerciales dépourvues de vision éducative claire. L’organisation a également décrit ces écoles comme des « espaces clos » manquant de transparence quant à la nature des programmes et des contenus enseignés aux élèves, ce qui a suscité des inquiétudes chez les parents quant à l’apprentissage de leurs enfants au sein de ces institutions.
Dans ce contexte, l’organisation a présenté une série de revendications visant, selon elle, à garantir la protection du système éducatif national et à renforcer le contrôle de l’enseignement à l’étranger. Elle a invité l’ambassade de France à fournir des clarifications officielles concernant l’incident et a exhorté le ministère tunisien de l’Éducation à intensifier ses visites de suivi, tant régulières qu’inopinées, dans les établissements scolaires étrangers. Elle a également souligné la nécessité de faire respecter l’obligation pour ces institutions d’enseigner une partie du programme national, afin de garantir la consolidation de l’identité et des valeurs tunisiennes chez les élèves. Par ailleurs, elle a insisté sur le droit des parents à un accès préalable et continu au programme scolaire et aux activités extrascolaires, les reconnaissant comme des partenaires essentiels du processus éducatif.
Cette question revêt une importance particulière compte tenu de la forte présence de l’enseignement français en Tunisie, où l’on estime à environ 32 le nombre d’établissements d’enseignement français accueillant près de 20 000 élèves, selon les données du réseau de l’enseignement français dans le pays. Elle revêt ainsi une dimension éducative, culturelle et de souveraineté, et exige un débat approfondi et équilibré entre toutes les parties prenantes afin de garantir à la fois la qualité de l’enseignement et le respect des spécificités de la société tunisienne.



