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Ligue 1: À moins de dix jours du coup d’envoi .. le sursaut ou la même rengaine ?

Tunis – Univers News. À moins de dix jours du coup d’envoi de la saison 2026-2027, le football tunisien se retrouve, comme chaque été, à la croisée des chemins. La Fédération tunisienne de football a fixé le début de la Ligue 1 aux samedi et dimanche 22 et 23 août 2026. Une date, un calendrier, seize clubs sur la ligne de départ — et, en toile de fond, la même question qui revient chaque saison sans jamais trouver de réponse : allons-nous enfin regarder notre football autrement ?

Car le contexte, cette fois, ne laisse aucune place à l’indulgence. La Tunisie a été la première sélection africaine éliminée de la Coupe du monde 2026, sortie dès le premier tour après deux défaites lourdes, 5-1 face à la Suède puis 4-0 contre le Japon. Un naufrage qui vient allonger une statistique déjà cruelle : sept participations mondiales, sept éliminations au premier tour. Le constat est sans appel, et il ne concerne pas seulement onze joueurs et un sélectionneur. Il interroge tout un système, dont le championnat national est la première brique, le premier réservoir, le premier miroir.

C’est précisément là que le bât blesse. Depuis des années, la Ligue 1 tunisienne ne se raconte plus sur les pelouses mais sur les plateaux télé. Les polémiques arbitrales, les accusations croisées entre dirigeants, les recours devant les instances disciplinaires et parfois le TAS, les soupçons qui planent sur le mérite sportif : tout cela a fini par prendre toute la place, au point de reléguer le jeu lui-même au second plan. Même les classiques les plus attendus, ceux qui devraient électriser les stades, peinent aujourd’hui à donner envie. On commente davantage les désignations d’arbitres que les compositions d’équipe. On discute des rapports de commissions plus que des buts marqués.

Ce glissement n’est pas anodin. Un championnat qui se joue dans les couloirs plutôt que sur le terrain finit par perdre son public — et un public qui déserte les stades finit par priver le football tunisien de ce qui fait sa force : l’engouement populaire, le vivier, l’exigence. Difficile, dans ces conditions, de bâtir une équipe nationale compétitive quand le terreau dont elle est issue s’épuise lui-même dans des querelles sans fin.

Alors, cette saison 2026-2027 sera-t-elle différente ? Rien ne l’annonce à ce stade, si ce n’est une opportunité : celle de tirer, enfin, les leçons d’un Mondial raté. Réformer le football national ne se décrète pas depuis un plateau de télévision ni depuis le bureau d’une instance fédérale. Cela commence par une chose simple et exigeante à la fois : accepter que le sport, par nature, comporte de la défaite autant que de la victoire, et que c’est précisément cette incertitude qui en fait le charme.

Ce constat vaut pour tout le monde : les clubs, qui doivent cesser de chercher dans les recours et les contestations ce qu’ils n’obtiennent pas sur le terrain ; les instances arbitrales, qui doivent gagner en transparence pour ne plus alimenter le soupçon ; les médias sportifs, qui ont une responsabilité dans la manière dont ils cadrent le débat ; et le public, qui mérite un spectacle sportif digne de ce nom plutôt qu’une suite de polémiques.

À moins de dix jours du coup d’envoi, c’est un appel adressé à toutes les composantes de la scène sportive nationale : ouvrir une nouvelle page. Non pas en promettant l’impossible, mais en remettant le jeu au centre du jeu. Le Mondial 2026 a montré les limites d’un système à bout de souffle. La Ligue 1 qui s’ouvre le 22 août est peut-être la dernière fenêtre avant la prochaine désillusion — ou la première étape d’une reconstruction qui, pour une fois, mériterait qu’on y croie.

KS

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