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 Faten Ben Aissa (Vice-Présidente de l’Association des Tunisiens des Grandes Écoles (ATUGE Tunisie)  

Notre pari est de connecter la Tunisie à ses compétences expatriées

Tunis – Univers News. Faten Ben Aissa est la vice-présidente de l’Association des Tunisiens des Grandes Écoles (ATUGE Tunisie), une dirigeante active dans la gouvernance stratégique, l’innovation et la promotion du leadership féminin.Elle est  reconnue parmi les figures marquantes de l’entrepreneuriat et du management en Tunisie.Active dans le renforcement des liens avec la diaspora tunisienne pour le développement économique et technologique local, elle n’a cessé d’apporter son aide et d’accompagner les porteurs de projets en Tunisie

Univers.news Vous présentez les compétences tunisiennes à l’étranger comme un véritable capital stratégique pour la Tunisie. En quoi cette approche renouvelle-t-elle le regard traditionnel porté sur la diaspora tunisienne ?

Faten Ben Aissa : Parler aujourd’hui de capital stratégique, c’est reconnaître que les Tunisiens du monde représentent bien davantage qu’une communauté vivant à l’étranger. Ils constituent un ensemble de compétences, d’expériences, de savoir-faire, de réseaux et de capacités d’innovation qui participent déjà au développement et au rayonnement du pays. Leur apport ne se mesure pas uniquement en flux financiers ; il se manifeste aussi dans la recherche, l’entrepreneuriat, la culture, la diplomatie économique ou encore les coopérations scientifiques.C’est précisément ce que cette diaspora cherche à montrer à travers des parcours très différents.

Quels sont aujourd’hui les principaux enjeux pour mieux valoriser les compétences de la diaspora, ses réseaux et sa contribution au développement national ?

. En réunissant des talents venus d’horizons différents autour d’un même projet, la Tunisie a démontré que les compétences de sa diaspora pouvaient devenir une formidable force de performance, de cohésion et de rayonnement. Cette logique peut aujourd’hui inspirer bien d’autres domaines.Le véritable défi est désormais de créer les conditions d’une mobilisation durable de ces compétences dans les domaines où la Tunisie construit aujourd’hui ses nouveaux leviers de compétitivité et de souveraineté  à savoir la santé, la recherche, les nouvelles technologies, l’économie du savoir, l’industrie, l’entrepreneuriat, la formation ou encore la culture. Cette diaspora dispose d’expériences, de réseaux et d’expertises qui constituent une ressource précieuse d’innovation, d’ouverture et de coopération. Encore faut-il que cette richesse puisse être mieux identifiée, mise en relation et pleinement valorisée au service des priorités du pays.

Que faites-vous pour promouvoir la Tunisie ?

La Tunisie dispose aujourd’hui d’atouts considérables pour attirer les investisseurs internationaux. Notre rôle est de mieux faire connaître ces opportunités et de créer des passerelles entre les investisseurs, les entrepreneurs et les talents de la diaspora.La diaspora tunisienne (1 000 000 personnes, voire plus avec les binationaux) se mobilise pour renforcer les liens entre la France et la Tunisie et promouvoir l’entrepreneuriat, l’investissement et l’innovation. Notre rôle est  de créer des liens durables entre la Tunisie et ses talents expatriés.  Le dernier Tunisia Global Forum  organisé par l’ATUGE (Association des Tunisiens des Grandes Écoles) en partenariat avec la World Alliance of Tunisian Talents (WATT) est bien plus qu’une rencontre : c’est une opportunité de réunir ceux qui portent la Tunisie dans leur cœur, qu’ils vivent ici ou à l’étranger. Nous entamons une nouvelle étape avec le programme Diaspora Regional Networking (DRN). La diaspora est toujours là pour accompagner les jeunes talents tunisiens  .Cette série de rencontres vise à forger des collaborations pérennes dans plusieurs villes clés telles que Sfax, Sousse, Hammamet, Bizerte, Gabès, Béja et Djerba.Ces DRN nous ont permis de connaître les projets des tunisiens qui pourront faire appel aux compétences tunisiennes installées en France ou en Allemagne. Nous pourrons développer ensemble des projets, accompagner ,conseiller et exploiter nos compétences  

Vous venez de publier un Livre Blanc intitulé “TunisIA : Bâtir notre avenir à l’ère de l’IA”. Quel est votre objectif ?

Ce document propose une feuille de route pour positionner la Tunisie comme un acteur technologique influent dans son espace régional et international à l’horizon 2030. Nous souhaitons également contribuer à construire une vision d’avenir pour la Tunisie. C’est dans cet esprit que nous avons lancé ce Livre blanc TunisIA, élaboré avec des experts internationaux, afin de proposer des recommandations concrètes sur les infrastructures, les talents, la gouvernance et les usages de l’intelligence artificielle.Je suis convaincue que la plus grande richesse de la Tunisie réside dans ses talents, où qu’ils se trouvent dans le monde. Notre responsabilité est de créer davantage de passerelles entre la diaspora, les entreprises, les universités et les institutions afin de transformer ces compétences en projets concrets au service du développement économique du pays. C’est cette ambition qui guide chacune de nos actions à l’ATUGE. Notre objectif est de  hisser la Tunisie dans le Top 50 du Global Innovation Index (contre 76e en 2025) et devenir le leader africain en matière de préparation des talents. L’ATUGE  considère, en effet, que le capital humain tunisien est une force réelle. Toutefois, seule une réforme structurelle permettra de retenir ce capital et d’éviter qu’il ne fasse le succès d’écosystèmes étrangers au détriment du pays.

                                         Mohamed Selim

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