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Amer, Sabri Lamouchi parle enfin: on lui a fait un enfant dans le dos

L’ancien sélectionneur de l’équipe de Tunisie, Sabri Lamouchi, est longuement revenu sur son expérience à la tête des Aigles de Carthage dans un entretien accordé au journaliste Smaïl Bouabdellah. Le technicien franco-tunisien a livré un témoignage mesuré, mêlant déception, explications et vœux pour le football tunisien.

Un tournant nommé Belgique

Sabri Lamouchi estime que la dynamique de son groupe était encourageante jusqu’au match de préparation contre la Belgique, disputé quelques jours avant l’entrée en lice au Mondial. La lourde défaite concédée ce soir-là a, selon lui, profondément altéré la perception du travail accompli et constitué un véritable tournant.

« Jusque-là, j’ai senti qu’on était dedans », a-t-il confié, évoquant notamment le stage de Toronto au mois de mars, marqué par une victoire contre Haïti et un match nul face au Canada, deux rencontres durant lesquelles 21 joueurs avaient été utilisés. Le revers belge, alourdi par des circonstances défavorables et une infériorité numérique précoce, a fragilisé l’édifice.

La liste du Mondial, une décision assumée

Interrogé sur la composition de la liste des joueurs retenus pour la Coupe du monde, Lamouchi a tenu à dissiper toute ambiguïté. Il affirme qu’à aucun moment la Fédération tunisienne de football ne lui a imposé un quelconque joueur.

Par cette déclaration, l’ancien sélectionneur écarte les rumeurs récurrentes de listes dictées par les instances dirigeantes et assume pleinement ses choix, fondés sur la volonté d’entamer un renouvellement générationnel et d’apporter davantage d’intensité dans le jeu.

Une séparation brutale et une promesse non tenue

C’est sur les conditions de son départ que Sabri Lamouchi s’est montré le plus affecté. Il a évoqué une séparation « brutale et violente », regrettant l’absence d’échange véritable avec les responsables fédéraux.

L’ancien sélectionneur a révélé que la veille du match d’ouverture contre la Suède, la direction de la Fédération lui avait pourtant renouvelé sa confiance, l’assurant que leur collaboration se poursuivrait quel que soit le résultat. Un engagement qui n’a pas été honoré, renforçant son sentiment de frustration.

Ferjani Sassi, ou le regret

Avec le recul, le technicien a reconnu une erreur de management. Il regrette de ne pas avoir convoqué le milieu de terrain Ferjani Sassi, estimant que son expérience aurait été précieuse dans un groupe en quête de leadership.

« Il n’y a pas de leader dans cette équipe », a-t-il constaté, précisant que les jeunes joueurs appelés à former l’ossature de la sélection manquaient encore de repères.

Un regard sobre sur le football tunisien

Au-delà de son cas personnel, Lamouchi a livré un constat lucide sur les difficultés du football tunisien, marqué par une instabilité chronique. Il rappelle que près de 21 sélectionneurs se sont succédé en 22 ans. « Ce n’est pas des coachs qu’il faut, c’est des magiciens », a-t-il résumé, plaidant pour un projet de long terme et une meilleure valorisation des binationaux.

Tout en reconnaissant sa part de responsabilité dans l’échec au Mondial, l’ancien joueur reste attaché à la Tunisie. « Je suis venu pour servir mon pays, pour essayer d’apporter mon expérience. Je n’ai pas réussi. Mais quel entraîneur va réussir en si peu de temps, de cette manière-là ? » a-t-il conclu, avec la volonté aff

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