
UniversNews (Débat) – Le premier panel consacré à la diplomatie économique s’est interrogé sur les mécanismes de la diplomatie économique comme levier de transformation nationale : Comment les pays d’Asie de l’Est ont–ils mobilisé leur réseau diplomatique au service de leur développement économique ? Quelles leçons la Tunisie peut –elle tirer de ces expériences en matière d’attractivité des investissements, de création de zones franches et de partenariats bilatéraux ?
Il est vrai que les atouts de la Tunisie sont réels : une position géostratégique exceptionnelle au carrefour de l’Europe, de l’Afrique et du Moyen Orient, un capital humain de qualité incarné par une jeunesse diplômée et des compétences techniques reconnues à l’international, des ressources naturelles diversifiées et un tissu entrepreneurial en plein essor, porté par des start-ups, des scale-ups technologique et une culture de l’initiative. Cependant les défis structurels sont aussi réels: une conjoncture macroéconomique sous pression, un cadre institutionnel en transition, un déficit d’infrastructure dans les zones intérieures et une bureaucratie économique qui freine encore l’investissement étranger et la création d’entreprises. C’est précisément dans cet espace de tension entre potentiel et contraintes que le Grand Débat 2026 s’est penché.
Des diplomates ont essayé de partager leur lecture de ce phénomène et à dialoguer avec leurs homologues tunisiens aux côtés de représentants de la FIPA, du CEPEX et des structures d’appui es Plusieurs économistes se posent la question de savoir si la Tunisie peut adopter le modèle coréen.
Quelles actions mettre en œuvre pour que la Tunisie connaisse un boom économique similaire à celui des quatre dragons d’Asie du Sud-Est? C’est à cette question que Lee Tae-Won, ambassadeur de la Corée du Sud en Tunisie a essayé de répondre. Il a souligné que la Corée et la Tunisie ont des points communs : une population jeune, une passion pour les études et une ouverture sur l’extérieur. Toutefois la Tunisie a des défis à relever. Elle pourra disposer des conditions nécessaires pour accomplir une trajectoire comparable à celle du Corée, surtout qu’elle regorge de talents brillants capables d’anticiper les mutations dans le monde.
Il est vrai que la Tunisie a bel et bien changé de dimension au cours des dernières années en se rapprochant progressivement du groupe des pays émergents. Sa stabilité institutionnelle, ses choix stratégiques et sa capacité à maintenir le cap dans un environnement international troublé lui ont permis de consolider ses bases économiques. Malgré les tensions mondiales, le pays affiche une résilience qui conforte son image d’économie sérieuse, capable d’attirer les investisseurs. Il avance sans relâche, multipliant les chantiers qui le placent régulièrement sous les projecteurs. Cette exposition permanente, loin de l’endormir, semble au contraire le pousser à accélérer sa cadence pour consolider son rang sur la scène africaine et prétendre au statut de dragon africain (M.S.)



