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Groupe Chimique Tunisien : entre urgence de réforme et risque de décrochage

UniversNews – Longtemps considéré comme l’un des piliers de l’industrie tunisienne, le Groupe Chimique Tunisien traverse aujourd’hui une phase critique. L’entreprise, qui a largement contribué pendant des décennies aux recettes d’exportation du pays, fait face à une accumulation de difficultés : baisse de production, blocages récurrents, gouvernance fragilisée et perte progressive de compétitivité sur les marchés internationaux.

Le contraste est d’autant plus frappant que le GCT a longtemps représenté un savoir-faire reconnu au-delà des frontières tunisiennes. Son partenariat avec l’Inde, concrétisé notamment par la création de la société TIFERT, illustrait cette capacité de la Tunisie à nouer des alliances industrielles stratégiques. À l’époque, des responsables indiens, parmi lesquels Narendra Modi, avaient soutenu cette coopération qui devait ouvrir de nouvelles perspectives au secteur des engrais chimiques.

Depuis, la situation s’est nettement dégradée. Les perturbations sociales, les changements répétés de gouvernance et l’absence de vision stable ont progressivement affaibli l’entreprise. Pour de nombreux observateurs, le GCT est devenu le reflet des difficultés plus larges que rencontrent plusieurs entreprises publiques tunisiennes : une forte exposition aux tensions politiques et sociales, combinée à des marges de manœuvre limitées pour conduire des réformes de fond.

Dans ce contexte, plusieurs pistes sont avancées pour tenter d’enrayer le déclin. La première consiste à renforcer l’autonomie de gestion du groupe, aussi bien sur le plan financier qu’administratif, afin de permettre une prise de décision plus rapide et plus adaptée aux exigences du marché international. La deuxième concerne la sécurisation durable des sites de de production, dans un secteur considéré comme stratégique pour l’économie nationale. Enfin, de nombreuses voix plaident pour une direction davantage fondée sur l’expertise technique, capable de restaurer la confiance des partenaires étrangers et de relancer les investissements.

L’enjeu dépasse aujourd’hui le seul avenir d’une entreprise publique : il touche directement à la place de la Tunisie dans une filière mondiale où la concurrence se renforce et où chaque retard peut coûter cher.

KS

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