
Le maître de l’oud tunisien et vocaliste Dhafer Youssef ne cesse de jeter des ponts entre les différentes cultures a passé une agréable soirée au festival d’Hammamet . Ce luthiste a contribué à cette ouverture de la musique savante arabe à d’autres horizons musicaux et ses rencontres avec les musiciens venus du jazz restent aujourd’hui encore comme des modèles de syncrétisme auquel il imprime une forte dimension poétique. « Shiraz », c’est son dernier album aussi personnel que puissant, dédié à son épouse, la cinéaste Shiraz Fradi. Une musique traversée par l’amour, les épreuves, la lumière, et cette capacité unique à transformer l’intime en universel. Entre tradition soufie, racines arabes, jazz et textures contemporaines, il trace une ligne libre, sans frontières, toujours en mouvement.Pour l’accompagner dans cette procession, il s’entoure ce soir du guitariste Nguyên Lê, du pianiste Daniel García, du trompettiste Mario Rom, du bassiste Swaéli Mbappé et du batteur Tao Ehrlich.
Tout en s’inspirant des modes traditionnels de la musique arabe, Dhafer a toujours cherché à s’ouvrir au monde et a trouvé son inspiration dans de nombreuses sources issues de différentes cultures. Ancrée dans les traditions de la musique arabe et du soufisme, sa musique reste tout de même ouverte aux sonorités contemporaines et ces influences proviennent de sources variées : le jazz, la musique de chambre, le rock ou même la musique électronique. Il a jonglé ce soir avec les mélodies
ll nous a éblouis par sa guitare et ses improvisations en interprétant » Rose Fragrance « , “ Eyeblink ans Eternity” et “Generalife Gardens”. La fanfare de cuivres, percussions, guitares, trompette a bouillonné sur la scène, sur un cocktail explosif de musiques venues évidemment du jazz, avec un mélange de funk et punk-rock et de musique soufie. Le public n’a pas tardé à entrer en communion avec Dhafer lorsqu’il chanta » The Epistleging » , « 41 Milestones » et » Placelessness » . Chaque note, chaque accord, est une réponse directe à ce qui précède. Débordant d’énergie , Dhafer permettait à ses musiciens de s’exprimer pleinement et de laisser libre cours à leur créativité, plongeant le public dans les rythmes syncopés, des solos passionnants. C’est vibrant. L’assistance suit le rythme des musiciens avec » Zakir » » Milestones » et « Shajjan « .. C’est un pari gagnant pour Dhafer qui nous éblouit et nous émeut par cette ambiance jazzy et ce jeu étincelant et lyrique.
Mohamed Salim



