
UniversNews (Santé) – Le centre de maternité et de néonatologie de Tunis a abrité, hier, mercredi 6 mai 2026, une journée de formation sur la prématurité. A l’échelle mondiale, la prématurité constitue la première cause de mortalité chez les enfants de moins de cinq ans. Chaque année, environ 15 millions de bébés, soit un bébé sur dix, naissent de manière prématurée. Près d’un million de ces enfants décèdent des complications de la prématurité, tandis que les survivants souffrent d’une incapacité à vie.
À peine arrivés au monde, ces petits guerriers, dont le poids est souvent inférieur à 1 kg, doivent surmonter plusieurs situations aussi difficiles les unes que les autres pour rester en vie. Leurs parents, quant à eux, sont remplis d’émotions contradictoires et se sentent perdus entre le choc, la peur, le stress, l’espoir… Ils n’ont qu’une hâte : voir le bout du tunnel, prendre leur bébé dans leur bras pour démarrer enfin une vie ordinaire à ses côtés.
Les causes de la prématurité
Il faut savoir que plusieurs raisons peuvent être à l’origine d’une naissance prématurée et cela peut avoir des conséquences très graves sur la santé du bébé. Une naissance prématurée est généralement décidée en raison d’un risque de décès du fœtus ou de la mère au cours de la grossesse. Les causes les plus fréquentes sont les grossesses multiples, la rupture prématurée de la poche des eaux, la béance du col de l’utérus ou une infection maternelle. Les difficultés de prise en charge des prématurés sont liées à plusieurs facteurs. Le premier facteur est lié à la qualité de la prise en charge en amont. En effet, quand une femme risque de faire un accouchement prématuré, il y a un nombre de protocoles qu’il faut mettre en place tels que la prévention de l’infection grâce à une antibiothérapie adaptée, la maturation pulmonaire en administrant à la mère la corticothérapie ou encore une neuroprotection fœtale grâce au sulfate de magnésium sans oublier le soutien psychologique des parents. Ces protocoles ont montré leurs preuves dans la réduction de la mortalité et des maladies graves chez ces nouveau-nés.
Principaux risques et facteurs de mortalité :
- Mortalité néonatale : Elle est très élevée chez les grands prématurés (<28 SA) et les très grands prématurés (28-31 SA).
- Complications immédiates : Les causes principales de décès incluent la détresse respiratoire (immaturité pulmonaire), les infections, et les hémorragies cérébrales.
- Risque à long terme : Les prématurés qui survivent ont un risque de mortalité plus élevé à l’âge adulte (presque 30 % de plus) par rapport à ceux nés à terme.
- Facteurs aggravants : Un faible poids de naissance et l’absence de soins intensifs adaptés augmentent significativement le risque.
La prise en charge en unité spécialisée et des interventions précoces permettent d’améliorer considérablement la survie, même pour les prématurés.
Mettre un terme aux décès évitables
Cette manifestation animée par Dr. Hager Chtourou et le psychologue Tarek Saïdi doit permettre de préparer une feuille de route destinée à soutenir les efforts de la Tunisie pour établir un plan d’action spécifique de la prématurité décliné au niveau national, qui vise à mettre un terme aux décès évitables des nouveau-nés, et mettra en œuvre les lignes directrices mondiales sur les soins prénataux afin de prévenir la prématurité, de lutter contre ses conséquences et d’assurer une expérience de grossesse positive pour toutes les femmes. En Tunisie, les bébés qui naissent prématurément représentent 7 à 8% des naissances et si on y ajoute les bébés nés à termes, mais avec un faible poids de naissance, ce taux atteint les 18%. (M.S)



