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Pourquoi manque-t-on de chlore ?

la demande pour les piscines et les infrastructures touristiques

entraînent une hausse de la demande en hypochlorite de sodium, en hypochlorite de calcium et en comprimés de chlore.

Tunis – Univers News. La pénurie d’approvisionnement en chlore en Tunisie  a fait les gros titres, étant donné le nombre de piscines qui seront incapables d’assurer leur désinfection et garantir la sécurité sanitaire des usagers. Une désinfection efficace étant essentielle à la survie des sites aquatiques, ce problème d’approvisionnement révèle-t-il notre trop grande dépendance au chlore ?

Cette matière est actuellement importée de l’étranger, en l’absence de production locale. Plusieurs exploitants, seront contraints de limiter ou d’interrompre leurs activités.Le problème existe depuis un certain temps et il est dû à une série de facteurs : Brexit, perturbations de la production en Chine, gestion du Covid-19, puis guerre en Ukraine. Cette réduction de l’offre n’est que temporaire, mais sans aucune garantie compte tenu des variables en jeu.Les stocks disponibles commencent à diminuer en Tunisie après l’arrêt de nouvelles livraisons depuis plusieurs mois. Les professionnels utilisent actuellement les réserves existantes, avertissant que le stock de chlore pourrait devenir insuffisant dans un délai d’un à deux mois si aucune solution n’est trouvée rapidement sans oublier les nouvelles procédures liées à l’importation du chlore compliquent davantage la situation, avec des autorisations pouvant nécessiter plusieurs mois avant leur obtention.

Dans un post sur sa page facebook, l’expert environnemental Hamdi Hached a averti que les perturbations du marché mondial du chlore pourraient avoir des répercussions sur la Tunisie,  soulignant que le monde n’est pas actuellement confronté à une pénurie générale de cette substance, mais plutôt à une volatilité du marché, notamment en Europe, en raison de la hausse des coûts de l’énergie, de la fermeture ou de la réduction de la taille de plusieurs usines et des perturbations des chaînes d’approvisionnement et de distribution.Hachad a expliqué que la production de chlore est directement liée à la consommation de grandes quantités d’électricité, ce qui rend ce secteur très sensible à la hausse des prix de l’énergie et aux crises qui affectent les coûts de production.Il a ajouté que la nature du chlore, substance dangereuse difficile à stocker et à transporter, signifie que toute perturbation dans une usine ou un port peut rapidement entraîner des pénuries locales, des hausses de prix et des perturbations des circuits de distribution.

L’expert environnemental a souligné que la production de chlore  en Europe et en Asie a connu des fermetures ou des réductions de taille de plusieurs unités industrielles en 2025 et 2026 en raison de la hausse des coûts de production et de la baisse de la compétitivité, précisant que la production européenne, selon les données citées, a atteint environ 625 000 tonnes en juin 2026, contre environ 701 000 tonnes en mai, ce qui reflète un net recul mensuel et la volatilité persistante du marché.

Hached a insisté sur le fait que le chlore et ses dérivés ne sont pas seulement utilisés dans les piscines, mais aussi dans des secteurs vitaux, notamment pour la désinfection de l’eau potable dans les stations de traitement de la SONEDE (Société nationale de distribution d’eau), et pour le maintien de la sécurité de l’eau dans les réseaux et les réservoirs.Les dérivés du chlore servent également au traitement et à la désinfection des eaux usées avant leur rejet ou leur réutilisation, en plus de leur utilisation répandue dans les piscines publiques et privées, les hôtels et les complexes touristiques.La situation devient encore plus critique durant l’été, lorsque la demande pour les piscines et les infrastructures touristiques augmente, entraînant une hausse de la demande en hypochlorite de sodium, en hypochlorite de calcium et en comprimés de chlore.

Que se passera-t-il en cas de hausse des prix ou de pénurie ?

Hachad estime que toute pénurie importante de produits désinfectants ou une forte hausse de leurs prix pourrait impacter le coût de production et de distribution de l’eau potable, et peser sur les budgets des municipalités, des stations d’épuration, des hôtels et des propriétaires de piscines.Il considère toutefois que le plus grand danger réside dans la possibilité que certaines institutions réduisent les doses de désinfectants ou utilisent des produits d’origine inconnue afin de réaliser des économies.Il avertit que de telles pratiques pourraient accroître le risque de contamination bactérienne et de maladies hydriques.À l’inverse, un usage excessif de chlore, sans contrôle rigoureux des dosages, peut entraîner des irritations des yeux, de la peau et des voies respiratoires, ainsi que la formation de sous-produits indésirables en l’absence de surveillance scientifique adéquate.Selon cet expert environnemental, la Tunisie doit prendre des mesures proactives dès maintenant, notamment en constituant une réserve stratégique de produits désinfectants, en diversifiant ses fournisseurs, en soutenant la production locale et en renforçant les contrôles sur la qualité et le dosage des produits.

Hached conclut que la perturbation du marché du chlore ne constitue pas seulement un problème pour les piscines et les hôtels durant la saison estivale, mais pourrait s’aggraver et engendrer des enjeux de santé publique, de sécurité hydrique et de sûreté pour le secteur touristique.La question cruciale demeure :Si les perturbations énergétiques, de production et de transport maritime ébranlent le marché mondial du chlore, la Tunisie dispose-t-elle actuellement de réserves suffisantes et de solutions alternatives pour se prémunir contre toute pénurie soudaine ?

                           Mohamed Selim

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