
UniversNews (SEF) – D’importantes perturbations ont marqué la scène financière tunisienne, au cours des derniers mois, plus précisément, depuis l’entrée en vigueur de la nouvelle loi sur les chèques. Le volume des liquidités en circulation en dehors du système bancaire formel, ou « espèces » a crevé tous les plafonds, avec une hausse jamais égalée.
Selon les derniers indicateurs monétaires publiés par la Banque centrale de Tunisie, la valeur des billets et pièces en circulation a atteint environ 29,678 milliards de dinars au 26 mai 2026, contre 23,960 milliards de dinars à la même période l’année précédente. Cela représente une augmentation record de plus de 5,7 milliards de dinars (un taux de croissance de près de 23,9 %) en seulement un an.
Cette hausse rapide du volume de liquidités dans le secteur parallèle a coïncidé avec les préparatifs de l’Aïd al-Adha, renforçant les inquiétudes légitimes quant à l’expansion de l’économie informelle et au recul de l’utilisation des moyens de paiement numériques et réglementés.
Dans une lecture de ces chiffres, le professeur d’économie Ridha Chkouadali a confirmé que le volume d’argent liquide circulant hors des circuits bancaires a déjà atteint près de 30 milliards de dinars. Il a prédit que cette dangereuse tendance à la hausse se poursuivrait à moins que le gouvernement ne prenne des mesures immédiates et concrètes pour freiner la croissance des transactions en espèces hors des circuits officiels.
Chkoundali a attribué cette augmentation record à trois facteurs principaux :
- Premièrement, la mise en œuvre de la nouvelle loi sur les chèques ;
- Deuxièmement, la suppression du plafond de 5 000 dinars pour les transactions en espèces ;
- Troisièmement, l’adoption du système de facturation électronique malgré le manque de préparation des infrastructures et des institutions économiques pour sa mise en œuvre efficace.
Les répercussions de cette situation ne se sont pas limitées à la seule sphère économique, mais ont touché de profondes dimensions sociales et psychologiques. Il a souligné que le déclin de l’utilisation des chèques et la pression financière croissante sur les familles tunisiennes, conjugués à la hausse continue des prix, affectent désormais concrètement les transactions quotidiennes et les interactions sociales des citoyens, notamment les mariages et autres célébrations.



