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Tensions cartographiques: Quand Alger s’enflamme pour la télé tunisienne

UniversNews –C’est l’ébullition sur les plateaux de télévision et les réseaux sociaux algériens! La cause ? La diffusion par la chaîne de télévision nationale d’une carte de l’Algérie amputée de ce que beaucoup considèrent historiquement comme le Sahara oriental (territoire aux origines marocaines).
Face à cet incident, les appels au boycott, à la reddition de comptes et aux sanctions fusent de toutes parts côté algérien. Une réaction qui prête à sourire tant elle frise l’ironie. Une tempête dans un verre d’eau médiatique !

L’art de couper les cartes… et la mémoire

Il est en effet difficile de ne pas y voir un retour de bâton. Comment ceux qui ont érigé le dénigrement des États voisins et le découpage arbitraire des cartes au rang de sport national peuvent-ils aujourd’hui crier au scandale ? Les Tunisiens n’ont pas la mémoire courte : l’image de ce responsable algérien déchirant ostensiblement une feuille de papier pour réduire la Tunisie à une infime portion congrue face à l’immensité de son propre pays reste gravée dans les esprits. Ou encore l’image d’un autre responsable réduisant avec un orgueil numide la Tunisie, la grande Tunisie, à un wilaya algérien.

La règle du jeu est pourtant simple : quand on sème le vent du mépris territorial, on récolte la tempête de la réciprocité. Face à ce juste retour des choses, le silence ou la retenue auraient été de mise. À défaut, pour ceux qui brandissent la menace d’un boycott en guise de protestation, une suggestion : que les touristes algériens boycottent massivement les plages tunisiennes cet été. Cela constituerait, à n’en pas douter, une réponse d’une « rare fermeté ».

L’affaire Sansal ou les contradictions d’Alger

Ce deux poids, deux mesures de la diplomatie et des médias algériens s’est récemment illustré à travers l’affaire de l’écrivain Boualem Sansal. Pour avoir simplement rappelé la marocanité historique de ces territoires, l’auteur a été jeté en prison. Pourtant, après avoir haussé le tons, Alger a fini par céder face aux pressions de Paris et par relâcher l’écrivain.

Un recul qui démontre qu’il est plus facile de s’attaquer aux voisins tunisiens que de maintenir une ligne de fermeté face aux grandes puissances.

Avant de pointer du doigt la Tunisie, d’exiger des excuses publiques ou de réclamer des têtes, les médias et les officiels algériens feraient mieux de balayer devant leur porte. Éduquer son opinion publique et pacifier son propre discours médiatique sont les préalables indispensables avant de vouloir donner des leçons de respect et de souveraineté aux autres.

KS

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