
UnivesNews – Le taux de remplissage des barrages tunisiens a franchi la barre symbolique des 57 % à ce jour, marquant une progression spectaculaire par rapport à l’année précédente.
Cette amélioration notable du stock national s’explique par des apports supplémentaires s’élevant à 500 millions de mètres cubes en comparaison avec la saison écoulée. Bien que le volume total des précipitations enregistré depuis le 1er septembre soit inférieur à celui de l’an dernier, c’est l’intensité exceptionnelle des pluies sur des périodes courtes qui a permis de booster efficacement les réserves des infrastructures hydrauliques du pays.
Cette situation globale cache toutefois des contrastes géographiques saisissants qui dessinent une carte de l’eau à plusieurs vitesses. Le Cap Bon caracole en tête avec un taux d’image de remplissage dépassant les 90 %, tandis que les barrages du Nord affichent une moyenne de 27 %.
À l’inverse, la situation demeure préoccupante dans les régions du Centre où les réserves stagnent aux alentours de 13 %, limitant ainsi les marges de manœuvre pour l’irrigation et la consommation locale.
Malgré ces disparités, les indicateurs actuels permettent d’anticiper un approvisionnement en eau potable pour l’été 2026 nettement plus serein que lors des exercices passés.
Cette sécurité relative reste néanmoins suspendue à la performance d’un réseau de distribution vieillissant géré par la Société Nationale d’Exploitation et de Distribution des Eaux. Avec 3,3 millions d’abonnés et une infrastructure de 59 000 km, la Tunisie fait face à un défi de maintenance colossal puisque 20 % du réseau a déjà dépassé un demi-siècle d’existence. La gestion des fuites et la modernisation de ces conduites cinquantenaires représentent désormais l’enjeu majeur pour transformer l’abondance actuelle des barrages en une distribution fiable et continue pour chaque foyer.
KS



